[Covid-19] Comment Alliansys s’est réorganisé pour maintenir sa production de cartes électroniques

Contrairement à de nombreux sous-traitants électroniques, Alliansys a choisi de maintenir l’activité de son usine de cartes électroniques  à Honfleur (Calvados). Mais il a anticipé l’emballement de la crise du Covid-19 en mettant en place très tôt une organisation qui minimise les risques. Avec un mot d’ordre : la sécurité du personnel d’abord.

 

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Alliansys ligne CMS d'assemblage de cartes électroniques
L'usine de cartes électroniques d'Alliansys à Honfleur.

Alliansys fait partie des sous-traitants électroniques qui ont choisi de défier la crise du Covid-19. Contrairement à de nombreux confrères, qui ont fermé leurs usines et mis leur personnel au chômage technique, ce sous-traitant de 70 personnes a décidé de maintenir l’activité de production de cartes électroniques de son usine à Honfleur, en Normandie.

Travail pour des secteurs stratégiques

"Nous n’avons d’autre choix que d’affronter le problème, confie à L’Usine Nouvelle Eric Burnotte, le directeur général de la PME. Nous livrons nos produits à des clients dans le nucléaire, la défense, la sécurité ou le médical. Autant de secteurs stratégiques qui ne peuvent pas s’arrêter. Les clients nous demandent de continuer nos livraisons. Nous ne pouvons pas nous permettre d’arrêter la production. S’arrêter et se mettre au chômage partiel peut paraître une solution de facilité. Et après ? "

Alliansys n’a pas attendu le premier discours du président Macron, le 12 mars 2020, pour adapter son fonctionnement. Dès début mars, le télétravail a été mis en place partout où cela est possible : informatique, comptabilité, administration des ventes, achats et approvisionnements, commercial, méthodes... soit une quinzaine de personnes. Les règles barrières ont été imposées au personnel de production. Le restaurant d’entreprise a été fermé mais les opérateurs peuvent s'y rendre en petit groupe pour manger le repas qu'ils ont eux-mêmes apporté. Les temps de pause ont été réduits. Les opérateurs doivent se laver les mains à chaque entrée et sortie. Lors de leurs déplacements dans les ateliers, ils doivent porter un masque. Du gel hydroalcoolique et des lingettes sont mis à leur disposition pour désinfecter les équipements communs. Les portes et interrupteurs électriques sont maintenus en permanence ouverts.

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" Ce sont là des mesures simples qui nous permettent de limiter les risques de contamination, affirme Eric Burnotte. Nous avons mis en place cette organisation avec un mot d’ordre : la sécurité du personnel d’abord. Au moindre risque nous arrêterons la production et ne reprendrons l’activité qu’une fois nous sommes sûrs que toutes les règles de sécurité sont remplies. "

Un officier de sécurité veille au respect des règles barrières

Pour faire respecter les nouvelles règles, un poste a été créé : celui d’officier de sécurité. Il surveille l’application stricte des règles barrières comme le lavage des mains et rappelle à l’ordre ceux qui oublient de les appliquer.

L’entreprise a sorti pour l’occasion son stock de masques et gel hydroalcoolique constituée lors de la crise du H1N1 de 2009. Elle en a même dépanné des confrères qui avaient du mal à s’en procurer sur le marché. La plupart de ces produits étaient périmés. Qu’importe ! "L’objectif est d’abord de rassurer les collaborateurs, explique le directeur général. Nous avons la chance d’avoir de l’espace, presque 10 000 mètres carrés. Nous n’avons pas de problème de distance de sécurité. Tout le monde n’a pas cette chance. "

Eric Burnotte navigue à vue avec une visibilité de production de deux à trois semaines. S’il s’attend à un chiffre d’affaires normal pendant cette crise, il reconnait que la situation reste quelque peu chaotique. " Nous devons jongler en permanence avec les difficultés d’approvisionnement de certains composants et les problèmes de transport, confie-t-il. Si bien que nous sommes obligés de revoir la planification des livraisons chaque jour. "

Risque de relâchement des comportements

La difficulté pour Alliansys réside dans le comportement des collaborateurs en dehors de l’entreprise. "Nous n’avons pas de contrôle là-dessus, et c’est le gros problème, estime Eric Burnotte. Bien sûr, nous demandons à nos collaborateurs de continuer à respecter les règles barrières à l’extérieur. Ma grande crainte est qu’il y ait un relâchement en dehors de l'entreprise."

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