[Covid-19] Chloroquine versus hydroxychloroquine : des clés pour éclairer le débat

Les querelles entre scientifiques ajoutent à la confusion entre la chloroquine et l’hydroxychloroquine, une des molécules qui font l’objet d’études cliniques en Europe pour le traitement éventuel du Covid-19. L'Usine Nouvelle dresse l'état des lieux, des fabricants et des stocks de ces deux médicaments.

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Usine de vaccins Sanofi
Sanofi à la recherche d'un traitement efficace pour contrer le Covid-19

Tout d’abord, il ne faut pas confondre chloroquine et hydroxychloroquine. La première est une ancienne molécule utilisée depuis soixante-dix ans dans les traitements préventifs et curatifs contre le paludisme. Elle est commercialisée sous le nom de Nivaquine par le laboratoire Sanofi. Un de ses dérivés est l’hydroxychloroquine, connu sous le nom de Plaquenil également commercialisé par Sanofi.

Ce dernier est l’une des molécules qui fait l’objet d’essais thérapeutiques contre le Covid-19 car il est censé entraîner moins d’effets secondaires graves.

Plus de principe actif de chloroquine sulfatée

Il existe deux types de chloroquine : la chloroquine sulfatée dont la fabrication était sous-traitée à Famar en France par Sanofi ; et la chloroquine phosphatée. On ne pourra plus bientôt produire de Nivaquine car le principe actif n’est plus fabriqué en Inde. "Nous avons acheté les derniers stocks de ce principe actif en Inde", relève un porte-parole de Sanofi. La Nivaquine sera donc produite "jusqu’à écoulement des stocks (du principe actif)". Aucune restriction de production en vue en revanche pour la chloroquine phosphatée.

Un stock de 300 000 boîtes pour l’hydroxychloroquine

Le principe actif de l’hydroxychloroquine est lui maîtrisé et fabriqué par Sanofi "dans une usine en Europe", sans plus de précision. Il n’y a pas de pénurie en perspective. "C’est un médicament qu’on maîtrise très bien, simple à fabriquer, pas cher", précise-t-on chez Sanofi, seul laboratoire à avoir une autorisation de mise sur le marché français de cette molécule pour des indications contre des maladies articulaires d’origine inflammatoire comme la polyarthrite rhumatoïdepm), le lupus ou la prévention des lucites. 300 000 boîtes de Plaquenil sont disponibles dans l’immédiat. "Une boîte permet de traiter un patient pendant sept jours. On peut donc traiter 300 000 patients."

Le 23 mars, Oliver Véran, ministre des Solidarités et de la Santé, a donné son feu vert à l’utilisation de l’hydroxychloroquine à l’hôpital, pour des patients souffrant de formes graves de Covid-19. Ce traitement a aussi été inclus dans l'essai clinique de l'Inserm pour tester des médicaments existants contre le Covid-19.

Des usines en France et en Espagne

Si, à l’issue des études cliniques engagées dans plusieurs pays européens, le Plaquenil s’avère efficace pour être utilisé à plus grande échelle dans le traitement du Covid-19, "nous pourrons fabriquer plusieurs centaines de milliers de boîtes de Plaquenil par semaine", assure-t-on chez Sanofi. Ce médicament est pour l’instant produit dans une usine en France (sans précision sur sa localisation "pour raison de sécurité") et dans une autre en Espagne. "Notre capacité de production pourrait être étendue à d’autres unités de production en France au cas où", indique le porte-parole de Sanofi.

Le laboratoire français a des autorisations de mise sur le marché de ce médicament dans soixante pays dans le monde. Cette molécule est aussi produite sous forme générique comme par Mylan dans son usine de Virginie occidentale aux Etats-Unis et par Amneal Pharmaceuticals. Tous deux prévoient de produire 70 millions de comprimés fin avril. Ce médicament est aussi fabriqué en Inde.

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