[Covid-19] Ce que l’on sait des opérations de dépistage massif lancées en France

La France a lancé ses premiers dépistages de masse lundi 14 décembre. Deux métropoles vont expérimenter ce dispositif de lutte contre le Covid-19 : Le Havre (Seine-Maritime) et Charleville-Mézières (Ardennes). De sa propre initiative, la région Auvergne-Rhône-Alpes va lancer une campagne similaire. Ce qu'il faut en retenir.

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Test Covid-19
L'État relance sa stratégie "tester, tracer, isoler" avant les fêtes de fin d'année.

Déconfinement, J-1. À quelques jours des fêtes de fin d’année, le gouvernement va expérimenter le dépistage de masse. Ces campagnes intensives vont débuter lundi 14 décembre dans deux métropoles : celles du Havre (Seine-Maritime) et de Charleville-Mézières (Ardennes). Une façon pour l’État de relancer sa stratégie “tester, tracer, isoler” malgré les limites de ce système.

Quelles régions sont concernées ?

Avec les métropoles du Havre et de Charleville-Mézières, ce sont plus de 110 communes concernées par le dépistage massif entre le 14 et le 19 décembre. Les informations pratiques sur ces opérations sont disponibles sur le site des territoires havrais et ardennais. Le gouvernement a déjà annoncé deux autres tests à Roubaix (Nord) et Saint-Étienne (Loire), probablement à partir du 11 janvier.

À côté de ces expérimentations pilotées par l’État, d’autres régions ont annoncé des tests de masse, plus ou moins en concertation avec le gouvernement. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez (Les Républicains), va lancer une campagne de tests gratuits et sans prise de rendez-vous du 16 au 23 décembre.

Une initiative isolée qui a suscité des critiques... “Attention à l'effet d'annonce, a tempéré le ministre de la Santé Olivier Véran sur le plateau de BFMTV-RMC. Ce qui est important, ce n’est pas de tester les gens. C’est d’être sûr qu'une fois qu’on les a testés on est capable de les mettre à l’abri pour éviter les contaminations. [...] Quand il y a des opérations collectives [...], il faut qu’elles soient menées en concertation avec les autorités de santé.”

Des tests pour qui ?

Sur leurs sites, Le Havre et Charleville-Mézières appellent à la mobilisation générale avec des tests gratuits et sans rendez-vous sur le principe du volontariat. "Si on testait 50 % de la population, je serais le plus heureux des hommes ! Nous serons sans doute en dessous", a estimé le maire du Havre et l’ancien Premier ministre Édouard Philippe dans un entretien avec le JDD.

L’accès au dépistage devrait tout de même rester prioritaire aux personnes à risque, à celles qui présentent des symptômes, aux professionnels de santé ou aux cas contact. “Il faut aussi éviter l’engorgement des laboratoires, des pharmacies, des médecins qui réalisent des tests”, prévenait Olivier Véran le 10 décembre.

Qui sont les fabricants ?

Les dépistages de masse doivent s’appuyer aussi bien sur des tests PCR classiques que sur des tests rapides antigéniques (TRA). Le gouvernement n’a pas annoncé de commande particulière liée à ces expérimentations. On sait toutefois que le gouvernement s’était fourni auprès du laboratoire français AAZ basé à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et surtout auprès du groupe américain Abbott.

Au-delà de ces tests antigéniques, on compte au total 322 tests autorisés sur le marché français. Parmi les producteurs, on retrouve aussi bien des laboratoires asiatiques (Sansure Biotech, 3D Biomedcine), qu’américains (Abbott) et français : AAZ, Biomérieux, Eurobio Scientific…

Quelle efficacité ?

Les campagnes de dépistage massif visent notamment à détecter les personnes asymptomatiques. Le gouvernement a toutefois lancé plusieurs avertissements sur l’efficacité de ces expérimentations même s’il a évoqué des retours positifs au Royaume-Uni et en Slovaquie. “N’utilisez pas le test comme une sorte de totem d’immunité. C’est risqué pour vous, c’est risqué pour vos proches et pour tous ceux qui auront réellement besoin de se faire tester parce qu’ils sont malades, symptomatiques, ou cas contact avant la période de Noël”, a insisté le ministre de la Santé.

Étant donné la durée d’incubation du virus, l’efficacité devrait aussi dépendre de la répétition des tests et de l’isolement des personnes. Sur ce dernier point, l’État écarte pour l’instant toute mesure contraignante. "Un tel dispositif existe dans certains pays autour de nous. Il soulève cependant beaucoup de questions, non seulement éthiques mais aussi sanitaires, avec la crainte que certains hésitent à se faire dépister de peur d’être soumis à une telle contrainte", a argumenté le Premier ministre Jean Castex.

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