En raison de la crise du coronavirus, le groupe homéopathique Boiron a suspendu les négociations du plan social annoncé le 11 mars, prévoyant la suppression de 646 postes, la fermeture de 12 plateformes de préparation distribution et celle de l'usine de Montrichard (Loir-et-Cher) fin 2021.
"Mais nous reprendrons dès que la situation le permettra", indique la direction du groupe pharmaceutique. Le leader français de l'homéopathie a par ailleurs répondu à deux sollicitations de produire du gel hydroalcoolique la semaine dernière.
L'usine de Montrichard, qui emploie 70 salariés, va fournir le 30 ou le 31 mars les pharmaciens d'officine d'Indre-et-Loire et du Loir-et-Cher, en rupture de stock. Celle de Messimy (Rhône) produit pour l'Etablissement français du sang (EFS).
La semaine dernière, à Montrichard, un premier lot de bidons de cinq litres a été réalisé, un deuxième sera produit cette semaine, soit un total de 2,8 tonnes. Le CHRU de Tours (Indre-et-Loire) vient également de solliciter Boiron. Cette production n’occupe que trois salariés. Actuellement, le site continue de tourner avec les deux-tiers de son effectif.
L'autorisation de production a été gérée par le siège social lyonnais, avec le soutien d'une députée LREM, Sabine Thillaye, qui a saisi la direction de la santé. L'usine de Messimy (Rhône) a aussi commencé à produire du gel en flacons de 500 ml pour l'EFS.
Dans les ateliers de Montrichard, la ligne de production comprend des cuves pour mélanger de l'eau purifiée, de l'éthanol et de la glycérine, les trois principaux composants du gel hydroalcoolique, auxquels s'ajoute de l'eau oxygénée qui contribue à la décontamination de la solution. "Nos équipes maîtrisent ce type de production, rien ne change, sauf la formulation, explique Carine Jaubertie, directrice de l'usine. Nous continuerons tant qu'il y aura un besoin, nos salariés sont très mobilisés pour rendre service au pays."
Du côté des syndicats, on salue la mobilisation des salariés toujours au travail malgré les risques pour la santé. "Cela montre que cette usine appelée à fermer est opérationnelle. Elle pourrait intéresser un repreneur", assure Jean-Pierre Icard, délégué central CFDT de Boiron. De son côté, la direction promet que la recherche active d'un repreneur sera menée.



