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[Coronavirus] “Il y a une situation problématique aux portes de la France”, estime le ministre de la Santé

Le coronavirus Covid-19 a fait un quatrième mort en Italie le 24 février. Une situation qui préoccupe le gouvernement français. La veille, le nouveau ministre de la Santé Olivier Véran a annoncé plusieurs mesures pour renforcer le plan de prévention contre l'épidémie.

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Olivier Véran, ministre de la Santé
Olivier Véran a été nommé ministre de la Santé le 16 février après le départ d'Agnès Buzyn.

Le gouvernement français renforce son plan de prévention contre l’épidémie du coronavirus Covid-19. Dimanche 23 février, le ministre de la Santé Olivier Véran a réalisé un point de situation sur la crise sanitaire mondiale. Si les données sont rassurantes en France, les autorités s’inquiètent des nombreux cas de contamination en Italie.

Situation stable en France

Au 23 février, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dénombrait plus de 2 600 morts et plus de 78 000 personnes contaminées à travers le monde. “En France, la situation est stable”, a rassuré le ministre de la Santé récemment investi à la suite d’Agnès Buzyn.

Un patient âgé de 80 ans est mort en France le 14 février mais il n’y aurait actuellement qu’une seule personne hospitalisée à Lyon (Rhône) et dans un état non inquiétant. Dix autres patients infectés sont maintenant guéris. Aucun autre cas d’infection n’est répertorié pour le moment sur le territoire.

Un quatrième mort en Italie

“Il n’y a pas d’épidémie en France, a répété Olivier Véran. Mais il y a une situation problématique en particulier aux portes de la France, en Italie, que nous regardons avec beaucoup d'attention.”

Un quatrième décès a été répertorié en Italie lundi 24 février. Avec plus de 160 personnes contaminées, le pays est de loin celui le plus touché en Europe par le coronavirus. Onze villes dans le nord de l’Italie ont été placées en quarantaine et les fêtes du Carnaval de Venise ont été interrompues.

“La situation est très évolutive au niveau international, estime le ministre français de la Santé. Nous suivons avec attention l’évolution de la situation en Italie.”

Dimanche 23 février, le Premier ministre a réuni en urgence plusieurs membres de gouvernement pour “préparer le pays à une circulation virale et à un risque épidémique en France”. Une réunion entre plusieurs ministres de la santé européens est également prévue la semaine du 2 mars.

Une commande de plusieurs millions de masques

“La France s’est préparée à faire face”, estime Olivier Véran. Le ministre a tout de même annoncé un renforcement du plan de prévention. Dès le 25 février, 70 établissements sièges d’un SAMU seront activés pour recevoir d’éventuels patients atteints du Covid-19, en plus des 38 établissements de santé déjà mobilisés. “Tous les départements de métropole disposeront d'au moins un centre hospitalier capable d’accueillir les malades et de les prendre en charge du début à la fin”, a assuré le ministre.

La France va également augmenter ses capacités de diagnostic biologique. Alors que sont effectués 400 tests par jour actuellement, “plusieurs milliers de tests pourront être réalisés quotidiennement” dès la semaine du 24 février, assure le gouvernement.

Concernant les masques de protection individuelle, le ministre de la Santé a évoqué “un marché tendu sur le plan international”. Le ministère a toutefois passé une commande de plusieurs millions de ces masques. “Nous allons travailler avec les entreprises productrices de masques FFP2 à haut niveau de qualité qui sont situées sur le sol français”, a détaillé Olivier Véran. Contacté par L’Usine Nouvelle, le cabinet du ministre n’a pas encore précisé le montant de cette commande ou les entreprises concernées.

"Nous sommes inquiets du nombre de cas sans lien épidémiologique clair"

Dans ses derniers relevés, l’OMS reste prudente sur l’évolution de l’épidémie. “Les données provenant de Chine continuent de montrer un déclin des nouveaux cas, a noté le 22 février le directeur général de l’organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ces nouvelles sont bienvenues mais elles doivent être interprétées très prudemment.”

“Même si le nombre total de cas en-dehors de Chine reste relativement faible, nous sommes inquiets du nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou un contact avec un cas confirmé”, a ajouté le chercheur à la tête de l’OMS.

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