"Contrat du siècle" de la Région Île-de-France, le RER nouvelle génération entre en gare... avec deux ans de retard

La première rame des RER nouvelle génération (RER NG) a fait ses débuts en service commercial sur la ligne E, lundi 13 novembre. Avec deux ans de retard, ce nouveau train plus capacitaire et moins consommateur d'énergie doit permettre d’améliorer le service.

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RER NG inauguration
La première rame du RER NG entre dans la gare Haussmann Saint-Lazare pour l'inauguration.

Lundi 13 novembre, 10h58, gare Haussmann Saint-Lazare. La première rame du RER NG (nouvelle génération) entre au son d’un gospel en présence de la présidente de la Région Île-de-France Valérie Pécresse, du patron d’Alstom Henri Poupart-Lafarge et du PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet. Avec deux ans de retard, le déploiement du «contrat du siècle», dont le montant de l’investissement de la Région s’élève à 3,75 milliards d’euros, démarre.

14 premières rames vont entrer en service progressivement sur la ligne Haussmann Saint-Lazare – Chelles – Gournay aux heures creuses pour opérer les derniers réglages et tester la fiabilité du matériel avant un déploiement sur l’ensemble de la ligne le 1er avril 2024. Pile à temps pour l’ouverture de la première extension de la ligne RER E jusqu’à Nanterre-La Folie, qui sera donc prête pour les Jeux Olympiques, tout comme le prolongement de la ligne 14 du métro. Au total, 125 rames seront déployées jusqu’en 2026 sur cette ligne, tandis que les 130 rames dédiées au RER D seront, elles, mises en en service entre 2025 et 2028.

RER NG inaugurationOlivier Cognasse
RER NG inauguration RER NG inauguration

Une foule d'invités attend avec impatience l'arrivée de la première rame de RER NG au son d'un gospel.

«Les retards de livraison, ça suffit !»

«Quand on part d’une feuille blanche, cela coûte très cher et il faut donc commander un grand nombre de rames, d’où ce contrat du siècle», a indiqué Valérie Pécresse, la présidente de la Région et d’Île-de-France Mobilités (IDFM), après avoir copieusement dénoncé l’inaction de son prédécesseur dans un discours très politique. Elle n’a pas non plus manqué de rappeler les retards accumulés par le constructeur Alstom. «Deux ans de retard ! On est content qu’il arrive. Les retards de livraison, ça suffit. Je le dis à Alstom», a déclaré la présidente d’IDFM qui voit dans «la bureaucratisation de l’Europe» un autre responsable de ce délai. Elle dénonce des règles de plus en plus strictes et compliquées pour autoriser la mise en circulation des trains.

Argument que n’a pas contredit Henri-Poupart Lafarge le président d’Alstom... qui a préféré mettre en avant les avantages de ce nouveau train. «Nous sommes partis d’une feuille blanche pour définir un nouveau train qui a mobilisé jusqu’à 2 000 salariés du groupe […] et qui réalisera six millions de kilomètres au cours des quarante prochaines années».

Davantage de capacité et moins de consommation

Ce train «boa» (sans séparation entre les voitures), est plus capacitaire (+20%), plus frugal en énergie (-25%) tout en disposant d’une meilleure accélération que les générations précédentes. Il est aussi plus accessible, avec des portes plus larges, et intègrera le nouveau système d’automatisme, de contrôle et de supervision des trains NexTeo. 

Avec tout cela, la présidente d’IDFM attend du RER NG qu'il permette de «franchir 90% de ponctualité sur le RER D le plus vite possible». Alors qu’elle vante le bilan de la région depuis son arrivée en 2016 avec la mise en service de 1 000 nouvelles rames sur le réseau francilien, les futures rames du RER B, risquent encore d’être un sujet de polémique.

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