Comment Stellantis a transformé son usine de La Janais pour accueillir la production du Citroën C5 Aircross

Les modèles de pré-série du Citroën C5 Aircross nouvelle génération sont fabriqués depuis le début de l'été sur les lignes de montage de l'usine Stellantis de La Janais (Ille-et-Vilaine). Le modèle, unique production de l'usine, doit assurer la pérennité d'un site industriel compacté et performant qui fait figure de résistant dans la région.

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Citroën C5 Aircross CSUV La Janais
La production du nouveau C5 Aircross de Citroën a débuté sur le site de La Janais, près de Rennes (Ille-et-Vilaine).

Ami 6, Dyane, BX, AX… Depuis 1960, les modèles à succès de Citroën sont nombreux à être nés dans l'usine de La Janais (Ille-et-Vilaine), près de Rennes. En 2025, alors que la marque aux chevrons voit ses parts de marché s'éroder, de la pérennité du site industriel propriété de Stellantis dépend le succès du nouveau C5 Aircross, son unique modèle. La production des modèles de pré-série du vaisseau amiral de la gamme a démarré en début d'été.

«Chaque jour, une vingtaine de C5 Aircross nouveau modèle sortent des lignes. On en fera 400 d’ici à la fin de l’année et on peut augmenter la cadence si la demande est là», déroule Olivier Jacoutot, directeur de l’usine montage. Plus de 300 personnes ont été formées sur les nouvelles lignes.

Intégration verticale poussée

Confiante quant au succès de ce C-SUV commercialisé autour des 35000 euros, «sur le segment le plus stratégique», selon Édouard George, le directeur de Citroën France, la marque aux chevrons a déboursé 160 millions d’euros pour adapter le flux de production. Elle accueille la plateforme modulaire STLA Medium, qui permet la production de véhicules thermiques, hybrides et électriques selon la demande du marché. C'est la première fois qu'un véhicule électrique y est assemblé.

Pour réduire au maximum les coûts fixes de l'usine, Stellantis a rapatrié environ 4000 robots de l'ancienne ligne de production de la Peugeot 3008, à Sochaux (Doubs). Dans une démarche d’intégration verticale, deux nouveaux ateliers ferrage et injection plastique ont été mis en place. Les pare-chocs autrefois fabriqués par des sous-traitants sont désormais produits en interne. «Nous sommes en train de réembaucher, ce qui n’était pas le cas, ces dernières années», se félicite Étienne Martin-Commandeur, le directeur de La Janais. L’usine emploie actuellement environ 2000 personnes contre 10000 à la fin des années 1990. Le site va vendre des pièces plastique aux autres usines de Stellantis, «ce qui va nous permettre de trouver des recettes et de compenser des volumes plus faibles», ajoute notre interlocuteur.

Usine Stellantis La JanaisStellantis
Usine Stellantis La Janais Usine Stellantis La Janais

Autre grosse transformation : le compactage de l'usine. Touts les sites industriels du groupe sont passés par là pour abaisser leur seuil de rentabilité (le point mort, dans le jargon). «On a mis l’ensemble des ateliers à l’intérieur du même bâtiment», indique Étienne Martin-Commandeur. La superficie totale doit passer à 100 hectares en 2026, contre 229 hectares en 2015, soit 0,9 m² par unité produite au lieu de 1,9.

Face à l'impératif de verdissement de sa production, l'usine de La Janais s'est par ailleurs dotée d'une première chaudière biomasse en fin d'année 2024. Une seconde est en construction. Bientôt, le site, qui vise la neutralité carbone d’ici à 2038, accueillera également un parc photovoltaïque.

Le risque du mono-produit

Dans un communiqué datant du 3 juillet 2025, la CFE-CGC estime que le lancement de la production du C5 Aircross est une «étape clé qui ouvre de nouvelles perspectives pour l'avenir industriel de l'établissement et permettra de renforcer la dynamique industrielle locale». Le syndicat des cadres se réjouit particulièrement «des investissements réalisés, qui favoriseront la formation continue et l'adaptation des équipes aux nouvelles technologies, tout en consolidant la compétitivité du site». 

Le premier syndicat du groupe, qui vante la culture qualité des salariés, invite le nouveau grand patron, Antonio Filosa, à venir le constater de ses propres yeux. Mais n'oublie pas, à l'instar d'autres fédérations, de demander à Stellantis d'attribuer «un deuxième véhicule pour Rennes, afin d'anticiper les évolutions d'effectifs, avec un plan d'embauche ambitieux pour renouveler les générations». Et surtout éviter qu'une usine en mono-produit ne soit victime d'un modèle qui ne rencontrerait pas sa clientèle.

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