Avec une crise des semi-conducteurs qui dure et des volumes de production amputés en conséquence de 500 000 unités en 2021, on aurait pu craindre un nouveau dérapage pour Renault. En 2020, le groupe français avait annoncé une perte nette colossale de 8 milliards d’euros. Un coup dur pour un constructeur empêtré dans une grave crise. Mais pour la première fois en deux ans, Renault est repassé dans le vert en 2021. « Notre résurrection se fait, c’est un retournement historique dans l’automobile. Il y a quelque chose de magique qui se produit chez Renault », s’est félicité dans un élan lyrique son directeur général, Luca de Meo, lors de la présentation des résultats aux analystes vendredi 18 février.
Une hausse des prix bienvenue
En 2021, Renault a affiché un résultat net positif de 967 millions d’euros et un chiffre d’affaires en hausse de 6,3%, à un total de 46,2 milliards d’euros. La stratégie « Renaulution » porte ses fruits. Le groupe dit être parvenu à abaisser son point mort – le seuil à partir duquel Renault commence à gagner de l’argent – de 40% par rapport au niveau de 2019, qui tient notamment à une réduction de ses coûts fixes de 2 milliards d’euros, réalisé avec un an d’avance. « Le Capex cash en R&D a été réduit de 40%, ce qui veut dire que nous pouvons pratiquement développer deux véhicules pour le prix d’un », a souligné Luca de Meo.
Mais l’un des facteurs clés tient à la stratégie de hausse des prix du groupe. Renault a vendu 2,696 millions de véhicules en 2021, encore moins qu’en 2020 (2,822 millions d’unités). Sauf que dans le même temps, le constructeur a vu son effet prix bondir de 5,7 points. De quoi expliquer l’amélioration de la rentabilité du groupe, qui affiche une marge opérationnelle de 3,6% en 2021 – meilleure que l’objectif de 3% fixé pour 2023. « Les véhicules passagers du segment C représentent un quart de nos ventes. Cela va dans le sens de notre mission », a souligné Luca de Meo, en précisant que « les versions haut de gamme représentent entre 65 et 85% du mix dans les nouveaux modèles ».

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Réorganisation des activités en vue
Une trajectoire que Renault compte bien évidemment poursuivre. « Nous allons lancer sept véhicules en 2022, c’est le départ de notre relance sur le segment C », a rappelé Luca de Meo. Parmi ces nouveaux modèles figurent la Mégane E-Tech ainsi que le SUV de segment C Austral, présenté comme un « chaînon manquant » dans le portefeuille de Renault, « alors que c’est le segment le plus compétitif », selon son directeur général. Deux modèles vont aussi être lancés en Russie. Malgré les tensions avec l’Ukraine, Renault se montre confiant pour ses activités sur place. « Notre activité Avtovaz vend à 90% pour le marché russe et ce sont des produits très localisés », a justifié Luca de Meo.
En avance sur ses objectifs de réduction de coûts, Renault va présenter une nouvelle feuille de route à l’automne 2022. De quoi permettre au constructeur d’absorber les conséquences de l’inflation des prix des matières premières et des difficultés d’approvisionnement en semi-conducteurs, qui devraient amputer une nouvelle fois sa production de 300 000 véhicules en 2022. A l’automne, Renault pourrait aussi annoncer une réorganisation de ses activités, avec une première unité « spécifique en France réunissant les actifs spécifiques à l’électrique » et une seconde « focalisée sur le thermique et l’hybride et réunissant toutes les activités en dehors de la France ».



