Presque un an et demi après sa création, Mobilize dévoile la feuille de route qui doit aider Renault à devenir un géant des services de mobilité. Lors d'une conférence en ligne organisée mardi 10 mai, le directeur général du groupe, Luca de Meo, a d'emblée qualifié cette nouvelle marque de « chantier majeur de la Renaulution », tant les enjeux qu'elle regroupe sont importants. Il s'agit pour le constructeur de diversifier ses revenus dans un marché automobile en pleine évolution, où l'usage d'un véhicule ne passe plus forcément par l'achat.
Pour conquérir ce marché prometteur, Mobilize commercialise différentes offres de locations de véhicules, à destination des particuliers et des opérateurs professionnels (taxis, VTC, livreurs, sociétés d'autopartage, etc). La marque s'appuiera notamment sur quatre modèles, conçus spécifiquement pour ces nouveaux usages et disponibles exclusivement sur abonnement, avec assistance et entretien inclus. La Limo, une berline électrique made in China, sera proposée aux chauffeurs de taxis et de VTC et devrait apparaître dès les prochains mois à Paris, et à Madrid en Espagne. Il faudra patienter jusqu'en 2023 pour voir débarquer la Duo, un véhicule électrique deux places pour les services d'autopartage, et sa version cargo, Bento. Fabriquée à 50% à partir de matériaux recyclés, elle afficherait un coût total d'exploitation 35% moins élevé par rapport à un véhicule électrique quatre places. Pensée pour la livraison du dernier kilomètre, la petite camionnette Hippo n'arrivera pour sa part qu'en 2026.
Installer des milliers de bornes
Outre les véhicules, Mobilize entend fournir à ses clients une multitude de services, durant toute la durée de leur contrat. Pour l'aspect financier, elle pourra compter sur RCI Bank, une banque détenue à 100% par Renault et rebaptisée Mobilize Financial Services. Celle-ci offrira entre autres des services de financement, de paiement et d'assurance, avec des tarifs modulés en fonction de la conduite des utilisateurs, grâce aux données récoltées par les différents capteurs des voitures connectées. Après avoir conclu 4,7 millions de contrats dans cette branche en 2021, la filiale vise les 8 millions à l'horizon 2030.

- 2168+2.94
Avril 2026
Demi-produits X5 Cr Ni18-10 (1.4301) - Ecart d'alliage€/tonne
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Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Mobilize prévoit également de maximiser la durée d'utilisation de ses véhicules en misant sur le marché de l'occasion. Grâce aux centres de reconditionnement de Renault, comme la Re-Factory de Flins (Yvelines), l'entreprise veut leur donner « une deuxième et troisième vie » afin d'améliorer leur rentabilité et de diminuer leur empreinte carbone. Pour ce faire, Mobilize entend commercialiser une offre complète de services liés à l'énergie et à la recharge des véhicules électriques. La société souhaite installer 165 000 bornes en 2030, contre 22 000 en 2021.
Stellantis aussi en lice
« Mobilize vend des services et non des véhicules, ce qui permet de générer des revenus récurrents et de réduire les coûts d'utilisation pour nos clients, résume Clotilde Delbos, directrice générale de Mobilize. Avec le modèle VaaS (vehicule as a service) et sur la base d’un écosystème logiciel intégré, nous proposons une gamme de services allant des solutions de financement à l’assurance, en passant par l’énergie et la maintenance. Le véhicule devient une plateforme de services, permettant de multiplier par trois le chiffre d'affaires généré au cours de son cycle de vie ».
Cet enthousiasme pousse la marque à tabler sur une taille de flotte d’un million de véhicules en location d'ici à 2030 (contre 350 000 en 2021) et de 200 000 en abonnement (8 000 en 2021). Mobilize devrait à cette date peser 20% du chiffre d'affaires total du groupe Renault, alors qu'elle n'en représente aujourd'hui que 6%. Le premier objectif consiste à atteindre une marge opérationnelle à l'équilibre dès 2025, et une rentabilité à deux chiffres de chacune de ses activités (hors Mobilize Financial Services) dès 2027.
La filiale espère tirer parti des start-up rachetées au cours des dernières années, telles que la plateforme Bipi, spécialisée dans la location de véhicules d’occasion, ou iCabbi, une jeune pousse irlandaise qui optimise la gestion des flottes de véhicules. Mais elle ne sera pas la seule à tenter de s'imposer sur le marché des nouvelles mobilités : Stellantis a avancé ses pions sur l'échiquier en rachetant, via Free2Move, un poids lourd de l'autopartage : Share Now.



