Comment le fabricant français de mobilier d’extérieur Fermob se prépare à l’offensive des droits de douane américains

Face aux menaces de guerre commerciale proférées par le président des Etats-Unis, Fermob prend les devants. Pour se prémunir de ces taxes potentielles, le fabricant de mobilier français a choisi d'augmenter son stock outre-Atlantique et prévoit de travailler avec un partenaire local.

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Fermob chaise Tuileries
Fermob est notamment connu à l'international pour ses chaises qui ornent les jardins des Tuileries et du Luxembourg, à Paris.

La guerre commerciale de Donald Trump risque de n’épargner aucun secteur, même le mobilier d’extérieur. «Nous sommes face à une situation que nous n’avons jamais vraiment connu, confie Baptiste Reybier, directeur général de Fermob. La chose inédite étant que nous allons potentiellement devoir gérer de grands changements (en termes de droits de douane, ndlr) début avril, mais nous ne savons pas de quel montant, ni quels produits seront concernés, comment cela va être contrôlé, et si ça aura réellement lieu.»

« Nous serons obligés d’adapter notre politique commerciale »

Le fabricant, qui dispose de trois manufactures à Thoissey (Ain), Mâcon (Saône-et-Loire) et Anneyron (Drôme) est célèbre pour ses fameuses chaises en métal, les Luxembourg, sur lesquels les touristes qui visitent le jardin éponyme, à Paris, peuvent se prélasser. Cela lui assure un certain succès à l’international, la moitié de ses 140 millions d’euros de chiffre d’affaires étant généré à l’export. Et 20% de ces exportations sont fléchées vers les États-Unis.

Le fils de Bernard Reybier, qui a repris l’entreprise en 1989, quand elle ne comptait plus que 14 salariés — l’effectif s’établit aujourd’hui à 500 personnes —, ne voit pas d’alternative à l’augmentation des prix de vente de ses produits, si les menaces du président étatsunien deviennent réalité. «S’il y a des droits de douane à 20%, nous serons obligés d’adapter notre politique commerciale, explique-t-il.  Nos prix n’augmenteront pas forcément de 20%, mais ils augmenteront».

Sous-traiter aux États-Unis, une bonne idée ?

L’entreprise ne s’interdit toutefois pas d’autres moyens d’action. Depuis décembre 2024, le fabricant de mobilier a ainsi accéléré la cadence de production sur ses sites, afin de fournir ses clients étatsuniens en stock avant que le couperet ne tombe. «Pour autant, nous n’essayons pas d’avoir un an de stock supplémentaire, car le stockage coûte également cher», raconte Baptiste Reybier. L’entreprise a ainsi pu garantir deux mois de réserve additionnelle à Atlanta, en Géorgie, où la filiale américaine de la firme dispose d’un entrepôt de 2500 m2.

Et ce n’est pas tout. Avant l’élection de Donald Trump, le fabricant envisageait déjà de faire réaliser la peinture de son mobilier aux Etats-Unis, afin de pouvoir réduire les délais de livraison de produits différenciés. «Nous avons prévu d’accélérer sur ce projet, car il permettra de nous protéger un peu plus des droits de douane, explique le dirigeant. En expédiant des produits pas finis, nous paierons autant de taxes, mais qui compteront pour une proportion moindre du prix final». Fermob a d’ores et déjà validé l’équipement industriel d’un sous-traitant local, et n’a plus qu’à trouver un accord commercial satisfaisant.

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