Longtemps attachée à la concurrence libre et non faussée, l’Union européenne doit de nouveau y contrevenir pour protéger son industrie. Après les mesures pour défendre son secteur automobile contre l’offensive des constructeurs chinois, Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission, a annoncé le 12 mars le rétablissement des droits de douanes décidés lors du premier mandat de Donald Trump ainsi que de nouvelles mesures. Une réponse aux taxes de 25% mises en place le même jour par les États-Unis sur les exportations d’acier et d’aluminium du Vieux-continent.
Au total, le paquet de mesures protectionnistes mis en place par Donald Trump va s’appliquer à 26 milliards d’euros d’exportations de l’Union européenne, soit environ 5% du total de ses biens exportés vers les États-Unis chaque année. «Nous regrettons profondément cette mesure. Les droits de douane sont des taxes qui sont mauvais pour les entreprises et pires pour les consommateurs, déplore Ursula von der Leyen dans un communiqué. Des emplois sont en jeu, les prix vont augmenter, personne n’a besoin de cela des deux côtés.»
18 milliards de produits américains visés
Présentées comme des «mesures de rééquilibrage», les taxes européennes décidées en 2018 puis en 2020, avant d’être suspendues, concernaient 6,4 milliards d’euros de produits américains importés dont des bateaux, des motos ou du bourbon. L’Union européenne va aller plus loin en ciblant 18 milliards d’euros de biens américains supplémentaires. Les Vingt-sept vont être consultés avec l’objectif d’une mise en vigueur dès la mi-avril.
Parmi les produits évoqués figurent sans surprise l’acier et l’aluminium, mais aussi de l’électroménager, des matières plastiques ou des produits du bois. «L’objectif est de contrebalancer l'augmentation de la valeur commerciale affectée par les droits de douane américains, tout en minimisant l'impact sur les entreprises et les consommateurs européens, indique Maroš Šefcovic, commissaire européen au Commerce. Les perturbations causées par les droits de douane peuvent être évitées si l'administration américaine accepte notre main tendue.»
Reste que Donald Trump ne semble pas sensible à ce type de discours. La Maison-Blanche a lancé des enquêtes sectorielles pour protéger son économie de la concurrence étrangère au nom de la sécurité nationale. L’administration est en train d’examiner le marché du bois d’œuvre, du papier ou du cuivre avant de potentielles nouvelles taxes.



