Comment le Centre spatial guyanais optimise ses campagnes de lancement pour aider Ariane 6 face à SpaceX

Nouveau pas de tir, réduction des zones de préparation du lanceur, campagne de lancement raccourcie… Le Centre spatial guyanais, implanté à Kourou, se met en ordre de bataille pour contribuer à la compétitivité d’Ariane 6.

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Le chantier du pas de tir de la fusée Ariane 6 au Centre spatial guyanais (CSG), en février 2020.
Le Centre spatial guyanais, implanté à Kourou, se met en ordre de bataille pour contribuer à la compétitivité d’Ariane 6.

Kourou prépare activement l’arrivée d’Ariane 6. Le signe le plus visible : le pas de tir de la nouvelle fusée avec son portique mobile de 90 mètres de hauteur, qui doit permettre un premier tir du lanceur européen à la mi-2022. Sébastien Lecornu, ministre des Outre-mer accompagné des principaux représentants du secteur spatial européen, et des élus locaux, a inauguré mardi 28 septembre le nouvel ensemble de lancement dédié à Ariane 6.

« Nous franchissons avec cette inauguration une étape cruciale qui nous rapproche du vol inaugural d’Ariane 6 », s’est félicité Philippe Baptiste, président du CNES, également présent pour cette occasion. Le pas de tir est impressionnant. Notamment avec son portique mobile, qui permettra de déposer les satellites dans leur coiffe au dernier moment au sommet du lanceur sur la zone de lancement elle-même. C’est dans la zone de lancement aussi que seront fixés les puissants boosters chargés de propergol solide.

Investissement de 700 millions d’euros

Il s’agit du huitième pas de tir construit sur le Centre spatial guyanais (CSG). Cela a constitué un chantier pharaonique durant 6 ans nécessitant 900 000 m3 de terrassement, 55 000 m3 de béton, 8 000 m3 de charpente métallique. Au total, 600 personnes ont participé aux travaux. Cela a représenté un investissement de l’ordre de 700 millions d’euros

Face à la concurrence de SpaceX, la base spatiale guyanaise apporte également sa contribution aux efforts de compétitivité demandés à l’ensemble de la filière spatiale européenne. « La réduction des coûts est obtenue par la réduction de la campagne de lancement qui durera 15 jours pour Ariane 6, contre 21 jours sur Ariane 5 », a encore précisé le patron du CNES.

Diviser les coûts par deux

La nouvelle organisation industrielle au CSG devrait permettre de diviser par deux les coûts d’une campagne de lancement. Cela a été aussi rendu possible grâce à un nouveau bâtiment à proximité de la zone de lancement, où les deux étages du lanceur sont assemblés pour la première fois à l’horizontal, et avec une automatisation des tâches accrue. En amont, le maître d’œuvre industriel d’Ariane 6, ArianeGroup, s’est organisé pour réduire les coûts de production de 40 à 50% entre Ariane 5 et Ariane 6.

Par ailleurs, le CSG veut élargir ses activités en accueillant les micro-lanceurs. Sa directrice, Marie-Anne Clair, a confirmé la décision de rénover le pas de tir Diamant, celui qui avait servi à faire décoller la première fusée du CSG il y a plus de 50 ans. La responsable a précisé être en discussions avec différents acteurs des microlanceurs pour comprendre leurs besoins. Des analyses techniques sont en cours. Le pas de tir qui servira également aux tests des lanceurs réutilisables, pourrait être disponible dès 2024.

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