Le gouvernement allemand a présenté mercredi 10 juin sa stratégie nationale de l’hydrogène. Attendu depuis des mois, le texte de 38 mesures vise à faire de l’Allemagne le leader des technologies et de la production d’hydrogène vert dans une décennie.
Dans un premier temps, 310 millions d’euros seront investis jusqu’en 2023 pour accélérer la R&D sur la fabrication, le stockage et l’acheminement. Ensuite, le pays prévoit l’installation d’une capacité d’électrolyse de 5 GW d’ici à 2030, puis de cinq autres gigawatts d’ici à 2040.
Pour y parvenir, sept milliards d’euros de soutien gouvernemental ont été budgétés dans le plan de relance post-Covid-19 de 130 milliards d’euros adopté la semaine dernière. Avec le développement de cette nouvelle source d’énergie, plusieurs secteurs d’activités sont visés, comme l’acier, la chimie ou le transport aérien, avec la conversion de 2 % de la flotte espérée en 2030.
Mais au-delà de cet aspect environnemental, l’Allemagne entend aussi faire de l’hydrogène un nouveau débouché économique. "L’hydrogène vert va nous permettre de faire un double bond en avant, a souligné Svenja Schulze, la ministre de l’environnement (SPD). Il nous permettra d’atteindre nos objectifs de neutralité climatique en 2050, mais aussi d’assurer une reprise écologiquement durable après la crise du coronavirus". Ainsi, la fabrication du matériel et des composants "renforcera la chaîne de valeur régionale et les entreprises du secteur", comme le précise le document.

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Premier partenariat avec le Maroc
Pour exploiter ce savoir-faire, la deuxième phase sera de nouer des partenariats stratégiques et technologiques avec des pays capables de fournir de l’hydrogène vert à un prix compétitif. En effet, alors que les besoins du pays devraient se situer entre 90 et 110 TWh en 2030, seuls 14 TWh seront couverts par la production nationale. "Nous aurons besoin du soleil de l’Afrique, car nos ressources renouvelables ne suffiront pas", a déclaré Gerd Müller, le ministre du développement (CSU). Un premier accord a été signé ce mercredi 10 juin avec le Maroc où la première usine d’une capacité de 100 MW sera installée. "Pour le moment, l’hydrogène sera utilisé pour leur propre usage, mais l’idée est de développer leur compétence dans ce domaine", a poursuivi le ministre.
A terme, l’Allemagne, qui finance à hauteur de 2 milliards d’euros ces coopérations, espère ainsi pouvoir exporter la technique, les électrolyseurs, les turbines éoliennes… et en échange, importer l’hydrogène. "C’est du gagnant-gagnant", a précisé Anja Karliczek, la ministre de la recherche (CDU).
En pleine phase d’accélération, le pays multiplie à l’heure actuelle les projets. Tandis que 100 stations de rechargement pour les véhicules ont été installées sur le territoire, Hambourg a annoncé sa volonté d’accueillir une usine d'électrolyse d'une capacité de 100 mégawatts. De leur côté, plusieurs opérateurs allemands de gazoducs se sont engagés dans la création du réseau d'hydrogène H2 Startnetz 2030. D’une longueur de 5 900 kilomètres, il devrait permettre d’interconnecter une trentaine de projets spécifiques de production de gaz vert.



