Comment General Mills et TotalEnergies développent l’économie circulaire autour du site de BioBéarn

L’industriel de l’agroalimentaire General Mills, qui possède une conserverie Géant Vert du côté de Labatut (Landes), fournit 50% des intrants au site de BioBéarn (Pyrénées-Atlantiques), le plus grand méthaniseur exploité par TotalEnergies en France. Nouvelle étape cet été : le digestat sera épandu sur les parcelles des producteurs de maïs qui alimentent l’usine, permettant d’économiser des engrais.

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Géant Vert General Mills
Le site de Géant Vert passe un cap dans la circularité.

Le Sud-Ouest se convertit lui aussi à l’économie circulaire. C’est du moins le cas pour General Mills et TotalEnergies. Le premier dispose d’une conserverie Géant Vert à Labatut (Landes) et fournit depuis deux ans la moitié des intrants de BioBéarn, le plus grand méthaniseur de France, exploité dans les Pyrénées-Atlantiques par le second. Entre eux, l'on compte une cinquantaine de kilomètres.

Réduction des engrais

Nouvelle étape cet été : les résidus de la récolte sont dorénavant destinés à retourner aux champs. Alors que 100% du maïs est fourni à l'industriel de l'agro par des exploitants français, ces derniers pourront utiliser le digestat du méthaniseur lors de la campagne 2025. La manœuvre va permettre de réduire d’autant leur consommation d’engrais – et donc leurs émissions. Pour cette première saison, l’industriel table sur une économie de 5 à 8% d’engrais dans les exploitations. Au total, environ 13000 tonnes de CO2 sont évitées : General Mills réduit d'autant son empreinte carbone en scope 3. Ces chiffres devraient progresser par la suite. 

Le retour du digestat aux parcelles de maïs a nécessité quelques ajustements, les conserves étant destinées à l’alimentation humaine. «Nous avons un enjeu de qualité sur la matière sortante du méthaniseur, souligne Antoine Bille, le directeur de l'usine. Il ne doit y avoir aucun impact sur nos produits : nous avons mis au point un cahier des charges pour que TotalEnergies n’utilise pas de boues issues des stations d’épuration des villes par exemple.»

Un meilleur équilibre économique pour l'industriel

C'est donc une nouvelle étape de franchie par la conserverie qui produit 120000 tonnes de maïs chaque année. Jusqu’à l’été 2022, les résidus comme les drêches étaient revendus à la coopérative Euralis, puis revalorisés en alimentation animale. Depuis, l'usine Géant Vert s'est dotée d'une presse moyennant un million d'euros d'investissement. La machine permet de mieux séparer les parties solides et liquides des résidus de maïs, afin de mieux contrôler la "soupe" du méthaniseur. C'est ce processus qui permet désormais de fournir le site de TotalEnergies en priorité.

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General Mills s'assure ainsi que l'intégralité de ses coproduits sont revalorisés sur le territoire. Le système est vertueux. «Total m’achète la matière première plus chère que lorsque je la vendais aux éleveurs de la coopérative, détaille Antoine Bille, en poste depuis quatre ans. J’optimise aussi mes coûts logistiques : au lieu de transporter vers plusieurs éleveurs, j’achemine vers un seul et unique méthaniseur. Enfin, Total me garantit un volume stable, là où le débouché en alimentation animale est plus variable.» 

Les éleveurs, qui bénéficiaient auparavant de ces résidus ne devraient pas être trop démunis : Euralis aurait travaillé à l’intégration de nouvelles cultures dans les rotations de ses coopérateurs pour palier à ce manque, alors que General Mills indique conserver des résidus en appoint en cas de crise, la sécheresse par exemple. 

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