Comment éviter l’explosion en plein vol du marché européen des quotas carbone ?

En 2019, le marché européen des quotas carbone ou EU ETS a commencé à faire ses preuves. Les émissions de CO2 des 12 000 entreprises concernées ont reculé de 8,7 %. La crise peut-elle tout remettre en cause ?

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Pollution
En 2019, les 12 000 entreprise soumises aux quotas carbone en Europe ont réduit de 8,7% leurs émissions.

Bonne nouvelle. "2019 est une année encourageante pour l’EU ETS qui n’avait jamais aussi bien fonctionné", observe Roman de Rafael, expert des politiques climatiques et des marchés carbone chez EcoAct. Si jusqu’ici le marché des quotas carbone européen ou ETS (Emissions trading system) avait pâti d’un trop grand nombre de quotas distribués aux entreprises et d’un prix de la tonne de carbone trop bas (5 à 7 euros), en 2019, le mécanisme a enfin porté ses fruits.

Les émissions des 12 000 industriels les plus émetteurs (45 et 50 % des gaz à effet de serre européens) et de l’aviation européenne ont globalement reculé de 8,7 % comparées à 2018, contre seulement - 5 % l’année précédente. Et le prix de la tonne de CO2 a évolué entre 18 et 29 euros. La mise aux enchères d'une partie des quotas a, elle, permis aux pouvoirs publics des Etats de lever 14,6 milliards d'euros en 2019. 

Instaurer un prix plancher

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Ces résultats sont dus pour beaucoup au recul des émissions dans la production d’électricité (-14 %) où la baisse des prix du gaz et le renchérissement des quotas carbone l’a rendu plus intéressant à utiliser que le charbon. L’industrie, elle, n’a baissé ses émissions que de 1,8 %, et la chaleur industrielle de 5%.

Continuer d'assainir le marché

Ces bons résultats sont aussi dus à la mise en service du mécanisme market stability reserve (MSR), sorte de banque centrale des quotas, destiné à "assécher" l'offre de quotas trop abondante et à soutenir les prix. En 2019, le MSR a ainsi "sorti" 397 millions de quotas, soit 24 % des 1654,9 millions en circulation.

Augmenter les objectifs à 2030

La crise sanitaire et du pétrole actuelle peut-elle remettre en cause ces résultats ? Le prix de la tonne a en effet chuté à 15 euros, "mais pour très vite remonter à 20 euros", observe l’expert d’EcoAct pour qui "le cauchemar serait de retourner au niveau de 5 euros après la crise de 2009". Pour l’empêcher, faudrait-il, comme le propose la France, adopter un prix plancher aux quotas carbone? On n’en est pas là.

Elargir au transport maritime

Dans l’immédiat, pour conserver à l’EU ETS son impact sur les émissions, il faudra qu’il soit bien placé au cœur du Green deal que la Commission européenne veut mettre en place et que sur les objectifs de réduction d’émissions, sur son périmètre passe bien à 50 voire 55 % en 2030, contre 40 % actuellement. Il faudra aussi que la réforme du MSR prévu en 2021 soit bien mise en œuvre pour continuer à purger le système des quotas en trop. Il faudrait aussi, comme envisager élargir le périmètre de l’ETS à d’autres secteurs. Celui du transport maritime est régulièrement cité, sachant qu’il répond au même type d’enjeux que le transport aérien, déjà couvert par les ETS.

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