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Combien coûtera la nouvelle feuille de route énergétique d'Emmanuel Macron ?

Pour compléter son rapport Futurs énergétiques 2050, RTE a publié le 16 février le chiffrage économique de ses trajectoires alternatives de sobriété et d’industrialisation forte. Cette dernière a servi de base à la nouvelle stratégie énergétique française présentée par le président de la République Emmanuel Macron.

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Emmanuel Macron Belfort
RTE a chiffré le coût de l'électrification de notre économie dans un contexte de réindustrialisation forte, correspondant au scénario énergétique présenté par le président de la République Emmanuel Macron le 10 février à Belfort.

Le 10 février, à Belfort, Emmanuel Macron a dressé une nouvelle feuille de route énergétique pour la France qui doit lui permettre de sortir des énergies fossiles et d'atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050. Elle implique la construction de 14 réacteurs nucléaires, de quelques mini-réacteurs SMR, de 40 gigawatts (GW) d’éolien en mer, de 19 GW supplémentaires d’éolien terrestre et de 90 GW de solaire en plus. L’électrification des transports, du chauffage et de l’industrie, cumulée à une réindustrialisation forte du pays, entraînera une augmentation de 60% de notre consommation d’électricité, à 755 TWh par an à l’horizon 2050 contre environ 470 TWh en 2021, estime le gestionnaire de réseau RTE dans son rapport Futurs énergétiques 2050. Ce scénario, qui a servi de référence au président de la République pour dresser cette nouvelle feuille de route, ajoute 110 TWh à la trajectoire de référence de RTE, qui table sur une demande de 645 TWh par en en 2050. Son coût, que détaille RTE, se chiffre en dizaines de milliards d'euros par an.

Quant au mix électrique à 2050 envisagé pour répondre à cette demande de 755 TWh par an - efficacité énergétique (environ 200 TWh par an) déduite - celui présenté par Emmanuel Macron dans son discours de Belfort « s’approche plus des scénarios N2 et N03»  de RTE. Mais avec encore plus de renouvelables, la prolongation de l’exploitation de tous les réacteurs du parc nucléaire existant au-delà de 60 ans dans les limites de la sûreté, mais aussi 11 GW de centrales thermiques au gaz renouvelable, soit 22 centrales hydrogène, contre seulement six (3 GW) dans une trajectoire de référence.

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Scénario de mix électrique en 2050 avec du nouveau nucléaire pour la trajectoire de référence à 645 TWh par an de consommation.

Environ 70 milliards d'euros par an

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Cette trajectoire "industrialisation profonde (ou forte)" coûtera entre 67 et 71 milliards d’euros par an à l’horizon 2060, en coût complet (production, réseau, flexibilité et stockage). Soit environ 10 milliards de plus par an que dans la trajectoire de référence de RTE, et 15 milliards de plus par an que dans une trajectoire de sobriété, qui ramènerait à 555 TWh la consommation d’électricité, agissant sur nos modes de vie (habitat partagé, chauffage limité, télétravail, mobilité plus collective, réduction de la vitesse et de la taille des véhicules, alimentation moins transformée, durabilité des équipements…).

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Un coût à mettre en regard des bénéfices qu'il engendre. Toutes les trajectoires de l’étude RTE doivent permettre de ramener à 2% la part des énergies importées dans le mix en 2050, contre 61% en 2018, pour une facture oscillant entre 30 et 75 milliards d’euros par an ces dix dernières années. A ceci près que cette économie sur les importations énergétiques serait en partie compensée par les importations accrues de matières premières - dont certaines critiques - comme le cuivre, le cobalt, le lithium, le nickel, le manganèse et le graphite.

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Quelles que soient les trajectoires retenues, le coût par MWh d’électricité produit resterait équivalent, a calculé RTE. Il sera en moyenne supérieur de 15% au coût actuel, une hausse maîtrisée au vu des investissements requis.

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