Nomination

Le nouveau ministre délégué aux Transports, Clément Beaune, à l'épreuve de la décarbonation du secteur

La nomination d’un ministre délégué aux Transports était attendue depuis plusieurs semaines. La feuille de route de Clément Beaune devrait être particulièrement chargée, entre la décarbonation du secteur, les besoins d’investissements dans le ferroviaire et la fin des moteurs thermiques pour 2035.

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Clément Beaune Future of Europe: Plenary Session, Strasbourg 11-12/03/2022
Clément Beaune va quitter ses fonctions de ministre chargé de l'Europe pour prendre le portefeuille des Transports.

Les professionnels des transports commençaient à s’impatienter. Aucun ministre ou secrétaire d’Etat chargé des Transports dans le premier gouvernement formé par Elisabeth Borne. Les jours se suivaient et se ressemblaient sur ce dossier, depuis le semi-échec de la majorité présidentielle aux élections législatives, malgré l'ampleur et l'urgence des sujets à traiter dans le domaine des transports. Le quatrième rapport du Haut conseil au climat (HCC) est venu rappeler que le secteur est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France. Les transports représentent 31% des émissions de la France. Avec l'agriculture, ils restent les mauvais élèves. La tâche qui attend le nouveau ministre délégué chargé des Transports, est immense. Elle revient à Clément Beaune, jusqu'à présent ministre délégué auprès de la ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé de l'Europe.

L'enjeu numéro un : la décarbonation des transports

Réussir la décarbonation du transport suppose de faire aboutir plusieurs chantiers. Dans l’automobile, les constructeurs automobiles vont devoir se plier à la future réglementation européenne, qui devrait acter l'arrêt des moteurs thermiques en 2035. Dans chaque pays, cette échéance suppose une accélération des ventes de véhicules électriques ainsi que la mise en place d'infrastructures de recharge suffisantes et pérennes. Un pari loin d'être gagné, notamment en France où le nombre de bornes peine à augmenter. Dans le même temps, Clément Beaune va devoir pousser l'industrie à accélérer le passage à l’hydrogène pour les modes de transport lourds, et prendre des mesures pour favoriser les transports les moins émetteurs de CO2.

Ce qui signifie sans doute d’investir massivement de le transport ferroviaire et les infrastructures afférentes, comme le font l’Allemagne, l’Italie ou la Suisse, savoir résister aux lobbies et reprendre certaines mesures de la Convention citoyenne pour le climat, à l'image de l’interdiction des vols domestiques pour les trajets pouvant être effectués en train en moins de quatre heures. Sur le fret, le ministre délégué va devoir s’assurer que le ferroviaire double ses parts d’ici à 2030, comme cela a été demandé par l’Europe et les professionnels du secteur, et que les transports routiers et maritimes engagent une réelle décarbonation sans recourir à de « fausses bonnes idées » comme le GNL, dont le pouvoir réchauffant n’a rien à envier au gazole…

Un macroniste de la première heure

Rescapé des élections législatives, où il a senti le souffle de la défaite, le nouveau ministre délégué auprès du ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, chargé des Transports, a malgré son jeune âge (41 ans) plutôt une bonne image auprès de ses pairs. Diplômé du collège d’Europe à Bruges (Belgique) et ancien élève de l’ENA, son expérience au niveau européenne ne sera pas de trop pour son nouveau poste, compte tenu du nombre de dossiers concernant les transports décidés à Bruxelles...

Ancien conseiller au budget auprès du Premier ministre Jean Marc-Ayrault (2013-2014), Clément Beaune a surtout été conseiller auprès du ministre de l’Economie de 2014 à 2016, un certain Emmanuel Macron... Avant de le rejoindre en tant que conseiller Europe dans son équipe de campagne. D'où sa nomination de secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé des affaires européennes dans le gouvernement Castex. Cette nomination à l’hôtel Roquelaure marque un premier virage serré pour celui qui est parfois surnommé le « surdoué de la Macronie ».

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