Cinq mesures pour sauver sa trésorerie et le climat

Bonne nouvelle, réduire ses émissions de CO2 pour atteindre la neutralité carbone permet aussi, souvent, de réduire sa facture d’énergie. Pourquoi attendre ?

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L’usine française de Villeroy & Boch, basée à Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne), spécialisée dans la fabrication de receveurs de douches, lavabos et éviers en céramique
Villeroy & Boch va installer une solution de stockage de la chaleur fatale développée par Eco-Tech Ceram dans son usine de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne).

C'est le moment ou jamais d’investir dans la transition énergétique. Avec les prix de l’énergie durablement élevés, au moins jusqu’à la fin de 2023, les retours sur investissement ne seront jamais aussi rapides qu’en cette circonstance. « On peut se retrouver avec des remboursements d’une année sur des équipements destinés à générer de l’énergie », observe Thibault Laumonier, le PDG de DS Smith packaging France. D’autant que certains projets nécessitent peu ou pas de mise de départ.

Héberger des panneaux solaires

C’est le cas de l’installation de panneaux solaires sur son site, à l’instar de Fleury-Michon, qui va placer des ombrières photovoltaïques sur les parkings de toutes ses usines. « Financièrement, les projets sont portés par l’opérateur au profit de l’industriel qui peut ainsi valoriser son foncier – entre un et quatre euros par an pour 1 m2 de panneaux – ou disposer d’une source d’énergie locale en cas d’autoconsommation », explique David Saint-Denis, le directeur régional de GreenYellow. Le chimiste belge Solvay l’a bien compris. Il s’est associé, via un contrat vicennal, à l’énergéticien espagnol Iberdrola afin de construire une installation de panneaux photovoltaïques pour alimenter en électricité ses sites de Tavaux (Jura) et Saint-Fons (Rhône). Elle occupera 77 hectares d’une ancienne usine de carbonate de soude de Solvay dans le Grand Est. En septembre, le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares, a lui aussi annoncé « des investissements importants pour produire notre propre énergie sur place ».

Passer à la biomasse

C’est aussi le bon moment pour adopter une chaudière biomasse, même si, comme le remarque le directeur de la communication de Lactalis Christophe Piednoël, « il faut trois ans d’études et d’autorisations pour remplacer un équipement au gaz. C’est un choix difficile et un investissement lourd. » Des études anticipées par certains industriels, comme Michelin qui a équipé ses sites de Cholet (Maine-et-Loire) et Bourges (Cher) de chaudières biomasse et qui achète de la chaleur renouvelable à Vannes (Morbihan) et Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme).

Valoriser sa chaleur fatale

La récupération de chaleur fatale est également un investissement très rentable. En récupérant celle des compresseurs des bains de traitement de surface avant l’application de l’anticorrosion et en y ajoutant l’installation de panneaux solaires sur cinq hectares de parkings, l’usine Toyota d’Onnaing (Nord) réalise 10 % d’économies d’énergie. En couplant la récupération de la chaleur de ses fours avec un système de surveillance en temps réel, la fonderie d’aluminium de Saint-Jean Industrie de Belleville-en-Beaujolais (Rhône) estime gagner entre 10 et 15 % sur ses consommations d’électricité et de gaz. Des gains bien identifiés par Villeroy & Boch, qui va investir 6 millions d’euros dans le remplacement de ses séchoirs et dans une solution innovante de stockage thermique haute température développée par Eco-Tech Ceram, pour une valorisation sur site de la chaleur fatale issue des fumées de cuisson de son usine de Valence-d’Agen (Tarn-et-Garonne).

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Adopter une IA

Pour éviter le gâchis d’énergie, allumer ou éteindre une machine au bon moment, ajuster la vitesse, la pression ou la température, les industriels peuvent aussi compter sur l’intelligence artificielle. Et, bonne nouvelle, plus besoin de trouver des experts en réseaux de neurones, algorithmes génétiques et autre programmation par contrainte pour obtenir un résultat. Des start-up comme Metron et Energiency ont développé des plateformes web qui traitent en temps réel les données de l’atelier, dont le plus fastidieux est de mettre en place la collecte. Cela fait, en moins d’un an, le site de Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire) du fabricant de roulements SKF a réduit de 6 % sa facture d’énergie. Avec un logiciel maison, Schneider Electric a, lui, diminué de 25 % la consommation sur son site du Vaudreuil (Eure) en sept ans.

Signer un contrat de performance énergétique

Enfin, ne surtout pas hésiter à partager le risque et les bénéfices en signant des contrats de performance énergétique avec des sociétés comme Dalkia ou Engie, qui, après un bilan énergétique, peuvent investir à votre place dans les outils de management de l’énergie, de récupération de chaleur et de cogénération, en se rémunérant sur les économies réalisées. Ce qu’a fait le chocolatier Cémoi, à Perpignan (Pyrénées-Orientales). Trois ans après les travaux réalisés par Certinergy & Solutions, sa facture a été réduite de 78 000 euros par an. Un calcul réalisé avant l’envolée des prix de l’énergie.

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