Cinq leviers à activer pour relocaliser la production

Depuis plusieurs années, les pouvoirs publics ont étoffé leur boîte à outils pour inciter les industriels à développer leurs usines en France ou, a minima, en Europe.

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Krys a rapatrié une partie de sa production de verres correcteurs à Bazainville (Yvelines). Son but, passer de 50 à 80 % de verres made in France.

Les grands projets européens

Quand des milliards d’euros d’investissements sont en jeu, la bonne échelle est européenne. L’Union européenne a enfin passé la vitesse supérieure pour conserver son indépendance technologique. En 2018, un petit groupe de quatre pays, dont la France et l’Italie, a signé un premier projet important d’intérêt européen commun (Piiec) dans la nanoélectronique. Objectif de ce nouvel instrument : déverser des aides d’État massives – habituellement interdites – dans les domaines où les industriels ne peuvent pas supporter seuls le coût de l’industrialisation.

Pour la nanoélectronique, 1,7 milliard d’euros de subventions a été débloqué. lancé fin 2019, le projet de l’alliance européenne pour les batteries va engager 3,2 milliards d’euros d’argent public, notamment pour la méga-usine de PSA et Saft prévue pour 2023 à Douvrin (Nord). Un troisième grand projet européen, toujours dans les batteries, a été lancé avec 50 industriels supplémentaires, et un autre projet avance sur l’hydrogène.

La baisse de la fiscalité

Tout n’est pas seulement une question de compétitivité-coût. Mais une partie de la désindustrialisation de la France s’est jouée, ces dernières années, sur le différentiel de coûts salariaux et de fiscalité avec ses voisins européens. Le CICE, puis la baisse des cotisations patronales, ont permis de modérer les coûts salariaux et de regagner en compétitivité sur l’Allemagne. Fin 2019, une heure de travail coûte en moyenne 38,70 euros dans l’industrie en France, contre près de 42 euros en Allemagne, alors que les deux pays affichaient des coûts identiques en 2016. La baisse de 10 milliards d’euros par an des impôts de production décidée dans le plan de relance dès 2021 s’attaque à un autre point noir de la compétitivité française. Même si certains experts estiment que 30 milliards d’euros auraient été nécessaires pour surmonter le handicap français en la matière.

L’accélération de la robotisation

Impression 3D, robots, fabrication additive... Relocaliser des lignes de produits jusqu’ici fabriqués en Asie ne pourra être viable qu’en automatisant les usines au maximum. Même si la France reste dans le ventre mou européen, avec 177 robots installés pour 10 000 salariés de l’industrie. Mais le virage est pris. en 2019, le nombre de nouveaux robots a progressé de 15 %. Dans le cadre du plan France relance, le gouvernement a transformé le suramortissement fiscal sur les investissements productifs, en place depuis 2015, en une subvention de 40 % pour les PME et les ETI qui investissent dans l’industrie du futur. 400 millions d’euros sont prévus d’ici à 2022.

Libérer vite du foncier industriel

La bataille européenne pour les usines ne se joue pas uniquement sur les coûts. Pouvoir démarrer rapidement la production et éviter un éprouvant parcours administratif peut faire la différence pour les investisseurs étrangers. Là aussi, la France a fait des progrès. En janvier 2020, le gouvernement a identifié 12 premiers sites industriels clés en main, des zones sur lesquelles les procédures d’urbanisme et environnementales ainsi que les fouilles d’archéologie préventives ont été anticipées. De quoi garantir aux industriels des délais d’implantation plus courts qu’habituellement. Depuis juillet, la liste s’est allongée à 78 sites industriels un peu partout en France.

Financer le made in France

Le financement est l’un des leviers sur lesquels il reste encore une marge de progrès. Bpifrance a contribué à constituer un écosystème de fonds autour de la french fab. Mais il manque d’investisseurs de long terme pour soutenir la réindustrialisation. La France ne dispose pas de fonds de pensions. Certains, comme l’institut rexecode, plaident pour flécher l’épargne accumulée pendant la crise par les ménages vers le renforcement des fonds propres des entreprises

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