La consommation d’énergie primaire dans le monde a crû de 1,3% en 2019 (contre 2,8% en 2018), a calculé BP dans son Rapport annuel sur l'énergie dans le monde, dévoilé le 17 juin. Les nouvelles consommations ont été tirées par les énergies renouvelables et le gaz, qui ont contribué ensemble aux trois-quarts de cette expansion des capacités.
"Certains aspects sont encourageants", relève Bernard Looney, PDG de BP, en introduction du très attendu rapport annuel du groupe sur l'énergie mondiale (Statistical review of World energy). "Avec l’éolien et le solaire en tête, les énergies renouvelables ont enregistré en 2019 des capacités record, comptant pour plus de 40% de la croissance de l’énergie primaire." La Chine est le premier contributeur à ces nouvelles capacités d’énergies renouvelables, suivie par les Etats-Unis et le Japon. La demande d’hydroélectricité fait une percée en Chine, en Turquie et en Inde.
Nos émissions de CO2 ont encore crû de 0,5%
Plus inquiétante est la tendance des émissions carbone. "Le ralentissement de cette croissance à 0,5% en 2019 pourrait être un facteur d’optimisme, s’il ne s’expliquait pas par une forte hausse (+2,1%) des émissions sur l'année 2018", commente Bernard Looney. La croissance moyenne annuelle des émissions sur ces deux années (2018-19) est donc supérieure à la moyenne des dix dernières années (1,1%).

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Un reconfinement tous les 2 ans ?
Peut-on, alors, encore rêver d’un bilan à zéro émission nette en 2050 ? L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les confinements à l’échelle mondiale destinés à limiter l’expansion de la pandémie de Covid-19 pourraient faire baisser nos émissions planétaires de 2,6 gigatonnes cette année. Avec le coût économique et social que l’on connaît, et le risque d’effacer ce gain au fil des plans de relance. "Pour atteindre la neutralité carbone en 2050, il faudrait abaisser d’autant nos émissions tous les deux ans, pendant les 25 prochaines années. Les technologies existent", selon Bernard Looney. "Le défi est de les implémenter, au rythme et à l’échelle nécessaire."
+1,3% de capacités de production d’électricité
Au total, la hausse des capacités électriques n’a été que de 1,3% l’an dernier. C’est la moitié de la croissance moyenne annuelle sur les dix dernières années. La Chine assume à elle seule 90% de cette croissance.
La part de renouvelables dans la production électrique est passée de 9,3% à 10,4%, dépassant le nucléaire pour la première fois. La consommation d’énergie nucléaire a pourtant augmenté, en 2019, de 3,2%. C’est sa croissance la plus soutenue depuis 2004.
Plus de 36% de l’électricité mondiale reste produite au charbon
La consommation mondiale de charbon a baissé pour la quatrième fois en six ans, avec une part dans le mix énergétique (27%) tombée au plus bas en seize ans. Elle reste en hausse en Chine, en Indonésie et au Vietnam, mais se stabilise en Inde. Malgré son déclin (-0,6% en 2019) tiré par la baisse de demande aux Etats-Unis et en Allemagne, le charbon demeurait l’an dernier la première source d’électricité, comptant pour 36,4% de l’électricité mondiale. En comparaison des 10,4% atteints par les énergies renouvelables, c’est beaucoup mais c’est la part la plus basse depuis le début des statistiques de BP en 1985.
La production mondiale de charbon, en revanche, a augmenté de 1,5% l’an dernier, tirée par la Chine et l’Indonésie, tandis qu’elle baissait significativement aux Etats-Unis et en Allemagne.
Le pétrole concurrencé
La consommation mondiale de pétrole a moins augmenté en 2019 que les années précédentes, à 0,9 million de barils par jour de plus qu’en 2018. La demande globale de carburants liquides (incluant les agrocarburants) a connu une hausse de 1,1 million de barils par jour (Mbj), dépassant pour la première année les 100 millions de barils par jour.
La production de pétrole, elle, a légèrement baissé (- 60 000 barils par jour) puisque les pays de l’Opep (-2 Mbj, baisse la plus importante depuis 2009) ont largement compensé la hausse de production aux Etats-Unis (1,7 Mbj).
24,2% de part du marché énergétique mondial pour le gaz naturel
La demande mondiale de gaz naturel est en hausse, sur l’année 2019, de 2% avec 78 milliards de mètres cubes de plus qu’en 2018. C’est beaucoup moins que la hausse observée l’année précédente (+5,3%).
L’essor du gaz naturel liquéfié (+12,7%) a fait bondir les échanges inter-régionaux de gaz (rares du temps où il fallait se contenter de gazoducs) de 4,9%, soit le double de la moyenne décennale. La part du gaz dans le mix énergétique mondial (énergie primaire) a atteint un record de 24,2%. La production de gaz est en hausse de 3,4%, les deux-tiers de ces volumes additionnels ayant été produits aux Etats-Unis.
Les minerais pour batteries de moins en moins chers
Les prix des minerais électriques ont nettement chuté l’an dernier, réduisant le coût de fabrication des batteries pour le stockage et es nouvelles mobilités. Sur l’année 2019, les prix du cobalt sont en baisse de 54% et ceux du carbonate de lithium de 31%. Dans ce contexte, la production de cobalt est désormais restreinte (-21,2%), notamment depuis la mise à l’arrêt par Glencore de sa mine en République démocratique du Congo. La production de lithium est, elle aussi, en baisse (-19,2%) malgré le nombre de projets d’extraction dans les tuyaux. La réduction de la production australienne explique en bonne partie cette chute.



