Il y a environ deux ans, Bruno Pillon, président des activités France d’HeidelbergCement, annonçait un vaste plan de plus de 450 millions d’euros pour décarboner quatre des sept cimenteries françaises du groupe. Les travaux du site de Couvrot dans la Marne sont achevés et ceux de l’usine de Bussac (Charente-Maritime) sont en cours. La première pierre du programme «Airvault 2025» est quant à elle posée mercredi 5 octobre. L’unité deux-sévrienne Calcia, qui emploie 130 personnes, va à elle seule absorber une grande partie de l’enveloppe dédiée: 285 millions d’euros, dont 1 million apporté par le conseil régional Nouvelle-Aquitaine au titre de Néo Terra, un programme dédié à la transition écologique et énergétique.
Supprimer le recours au charbon
Le chantier débouchera sur la création d’une nouvelle ligne de production. Il a pour but de décarboner le site en supprimant l’utilisation du charbon et du coke de pétrole, 40 000 tonnes par an, et de les substituer par des combustibles alternatifs. «Ce sont les déchets ménagers, agricoles, de pneus… Aujourd’hui, ils représentent 48% de nos combustibles, demain, 88%. En parallèle, nous aurons recours au gaz à hauteur de 12%, pour allumer les fours ou en cas de besoin exceptionnel», explique Bruno Pillon.
Et de préciser: «Cela fait des années que nous travaillons avec les acteurs locaux pour développer une filière pour remplacer nos combustibles fossiles.» Si la combustion complète de ces déchets soulage les collectivités, qui y voient une solution au traitement des ordures ménagères, elle permet aussi de réduire de 27% les émissions de gaz à effet de serre par tonne de ciment de l’usine deux-sévrienne. «En France, une cimenterie émet en moyenne 629 kilos de CO2 par tonne de ciment. Nous souhaitons descendre à 400 kilos d’ici à 2030 à l’échelle mondiale», annonce le président.
Réduction de 10% de la facture d'électricité
«Grâce à des technologies et des équipements modernes, nous allons également réduire notre consommation thermique de 14% par tonne de clinker, et notre facture d’électricité de 10% par tonne de ciment produit. Enfin, avec l’évolution de notre process actuel en voie semi-sèche, vers un process voie sèche avec précalcinateur, nous réduirons de 59% notre consommation d’eau par tonne de ciment», renchérit Bruno Manivet, directeur de l’usine d’Airvault
La nouvelle ligne de production, érigée à côté des fours 4 et 5 actuellement en fonctionnement, couvrira une vingtaine d’hectares. Elle entrera en service en 2024, avant d’être pleinement opérationnelle l’année suivante, entraînant dans la foulée l’arrêt des deux fours et leur démantèlement. En 2020, l’usine deux-sévrienne a produit 830 000 tonnes de ciment, pour une capacité maximale de 1,3 million de tonnes. Demain, cette capacité sera portée à 1,6 million de tonnes. Grâce à cette nouvelle ligne, Airvault deviendra un des fleurons du ciment à l’échelle européenne.



