Choose France : A Saint-Avold, l'américain CIRC veut construire une usine de recyclage chimique du textile

Après les échecs dans le recyclage chimique des plastiques, enfin une bonne nouvelle sur le front de l’économie circulaire avec l’annonce à l’occasion Choose France 2025 d’un projet pour le textile à Saint-Avold. Conor Hartman, directeur général monde chez CIRC et Guillaume Thomé, directeur général France, présentent le projet dans un entretien à L'Usine Nouvelle.

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Le projet de CIRC à Saint-Avold
L'usine de CIRC à Saint-Avold (Moselle) devrait démarrer la production en 2028.

A Saint-Avold (Moselle), un projet de recyclage chimique peut en cacher un autre. Si l'initiative Loop/Suez de recyclage chimique des plastiques a été mise en pause, un acteur américain, CIRC, dégaine un autre projet ambitieux. Cette startup de recyclage de textiles basée en Virginie indique qu’elle souhaite y construire une usine de recyclage chimique pour le textile. Un investissement de 450 millions d'euros annoncé à l'occasion du sommet Choose France, le 19 mai 2025.

L'américain affiche l’objectif de débuter la production en 2028 et de s’attaquer aux vêtements aux fibres mélangées, alors que le taux de recyclage dans le monde de ce type de produit n’excède pas 1%. La plupart des tissus et des vêtements sont un mélange de polyester, un plastique, et de coton, un matériau naturel. «Nous avons développé la technologie pour séparer le polyester du coton et récupérer les deux matières afin de les introduire de nouveau dans la fabrication de nouveaux textiles», indique à L'Usine Nouvelle Conor Hartman, directeur général monde chez CIRC.

A l’entrée de l’usine les tissus sont découpés en petits morceaux de 1 cm sur 1 cm. Ensuite, ils entrent dans le réacteur, où a lieu une réaction hydrothermale. «Et là, trois choses magnifiques se passent, précise Guillaume Thomé, directeur général France. Le polyester est décomposé en monomères, les fibres de coton et les teintures sont libérées pour produire du textile to textile. Ensuite, on passe notre temps à laver, à purifier et à séparer ces trois familles d'ingrédients.»

Premiers coup de pioche fin 2026

Cette entreprise américaine créée en 2011 pour développer de nouvelles applications sur le tabac avec sa technologie hydrothermale, a changé son fusil d’épaule, pour se diriger vers le textile il y a sept ans. Elle a développé deux démonstrateurs et emploie 60 personnes. L’usine française sera la première au monde et devrait traiter 70 000 tonnes de textile par an, soit 200 tonnes par jour. «Je  n'ai pas eu le temps de calculer le poids d'un t-shirt, mais ça fait quand même plusieurs dizaines de milliers de t-shirts par jour qui rentreront dans l'usine», se félicite Guillaume Thomé. L’objectif est de commencer par les chutes de production textile et d’introduire ensuite, dès la première année, les produits issus de la post-consommation, ce qui est jeté dans les bennes.

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L’entreprise américaine a été bien aidée dans ses démarches par le cabinet en transition environnementale et économique (Re)set, qui a été «la clé de tout depuis nos premières évaluation, précise Conor Hartman. Et elle a été décisive pour nous introduire auprès du gouvernement». Le processus de concertation publique a déjà été lancé. Il est prévu de pouvoir déposer le permis de construire au premier trimestre 2026 et de donner les premiers coups de pioche au quatrième trimestre de la même année. «Nous avons évalué plus de 80 sites et visité une quinzaine d’entre eux, prévient Conor Hartman. Nous avons choisi la France car c’est le leader de la mode dans le monde. Et surtout pour son engagement à résoudre les problèmes environnementaux du secteur. Elle a développé le premier programme de responsabilité élargie des producteurs (REP) et le gouvernement a décidé de résoudre le problème du textile avec une solution bonne pour l’environnement et le business.»

200 emplois à la clé

Quant à l’implantation de l’usine, un moment envisagée en Allemagne et en Italie, mais surtout dans le sud de la France, elle a finalement mis le cap vers l’Est. CIRC met en avant les bonnes relations avec la région et la forte base industrielle, sa position en termes de transport et logistique. Et Guillaume Thomé n’oublie pas de rappeler que «la France dispose de l’énergie la plus décarbonée en Europe. Nous allons réaliser un changement d’échelle avec une grosse usine avec à la clé au moins 200 emplois. Quand on se positionne comme des champions du recyclage, il est important que l'énergie qu'on utilise soit décarbonée».

CIRC, qui travaille déjà avec Zara, ne sait pas encore si l’Etat français et les collectivités financeront le projet, mais la première source proviendra des investisseurs privés. Et de citer Breakthrough Energy Capital de Bill Gates, Patagonia, Temasek, le fonds souverain de Singapour ou le japonais Marubeni. Pour les financements publics, une bonne nouvelle pourrait arriver dans les prochaines heures à Choose France.

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