À quoi va ressembler le groupe Renault imaginé par Luca de Meo ? Le directeur général a pris ses fonctions le 1er juillet. Il prépare déjà une réorganisation du constructeur automobile français avec plusieurs bouleversements. L’ancien patron de Seat a dévoilé ses pistes de réflexion le 2 septembre, dans un long entretien avec le magazine Le Point.
Un nouveau plan stratégique en janvier 2021
Luca de Meo se trouve devant un chantier colossal. En 2019, pour la première fois depuis dix ans, Renault a enregistré des pertes nettes. Il faut ajouter à cela les problèmes de gouvernance, le délitement de l’alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, l’affaire Carlos Ghosn et un plan d’économies de 2 milliards d’euros.
Au-delà de ce plan d’économies, Luca de Meo prépare un plan de développement pour redresser l’entreprise. “Je présenterai notre plan stratégique en janvier 2021”, annonce le nouveau directeur général.

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Une réorganisation autour de quatre marques, dont une inédite
Luca de Meo donne déjà quelques indices sur le contenu de ce plan stratégique. Il annonce par exemple que le groupe ne sera plus organisé par zones géographiques mais autour de quatre marques : Renault; Alpine et ses voitures sportives ; la marque roumaine low cost Dacia ; enfin, une marque inédite en charge des “nouvelles mobilités”. “Cela va nous permettre d'être plus focalisé sur le client. Les consommateurs n'achètent pas un groupe transversal, ils achètent une marque”, justifie Luca de Meo.
Le dirigeant souhaite ainsi peaufiner le positionnement de chaque marque. Selon lui, la marque Renault “doit jouer la modernité et l'innovation” tandis que Dacia devra développer “une image plus ‘cool’”. “Nous ne resterons pas forcément dans le registre seulement rétro et classique de l'Alpine A110”, ajoute Luca de Meo. Il est vrai que cette marque pèse moins de 1 % dans les immatriculations du constructeur automobile…
Renault précise dans un communiqué quels sont les dirigeants qui réfléchiront "sur la création, l’organisation et la mise en place de ces nouvelles business units" : Luca de Meo lui-même pour Renault, Denis Le Vot, directeur régions, commerce et marketing du Groupe, pour Dacia, Cyril Abiteboul, directeur général Renault Sport Racing, pour Alpine, et Clotilde Delbos, directeur général adjoint et directeur financier du Groupe, pour les nouvelles mobilités.
Vers une montée en gamme des produits
Pour renouer avec la rentabilité, Luca de Meo souhaite également accomplir un travail de montée en gamme. Cela va passer par le développement d’autres segments que les petites voitures. Un domaine où se spécialise Renault avec des modèles best-sellers comme la Clio et le Captur. “On va changer toute l'organisation pour passer d'une politique de volumes à celle de la valeur. Ce sont les marges qui permettent d'investir et de se développer”, expose le dirigeant.
D’autres axes de travail sont évoqués par le dirigeant : des mouvements stratégiques au-delà du secteur automobile, une convergence sur l’approvisionnement des batteries au sein de l’Alliance, ou encore une présence internationale repensée. “Il faut être à l'international sur les marchés qui rapportent”, argumente Luca de Meo.



