Jour J pour le nouveau directeur général de Renault. L’ancien dirigeant de Seat, Luca de Meo, prend officiellement ses fonctions ce mercredi 1er juillet, après sa première apparition à l’occasion de l’assemblée générale du constructeur français vendredi 19 juin.Clotilde Delbos, qui a assuré l'intérim deviendra pour sa part directrice générale adjointe.
Une arrivée qui intervient dans une période de fortes difficultés pour Renault, accentuées par la crise économique engendrée par l’épidémie de coronavirus. Le groupe a accusé sa première perte nette en dix ans en 2019. Dans un tel contexte, la direction a annoncé un plan de plus de deux milliards d’euros sur trois ans et la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France.
Dans un français impeccable, le dirigeant italien a estimé le 19 juin que ce plan d’économies représente "un premier pas essentiel pour le redressement de Renault".
"Toute l’équipe aura tout mon appui et mon énergie pour le mettre en place", a déclaré Luca de Meo lors d’une intervention vidéo à destination des actionnaires de Renault.
Au-delà de la mise en œuvre de ce plan, qui a suscité une vive contestation chez les syndicats en France, l’ancien responsable de Seat aura aussi et surtout pour mission de définir le nouveau plan stratégique de Renault. D’après le président du groupe, Jean-Dominique Senard, cette feuille de route, qui "se situe dans la continuité parfaite du plan d’économies", devrait être présentée à "la fin de l’année ou en début d’année prochaine".
Redresser Renault et l'Alliance
Lors de l’assemblée générale, Luca de Meo a mis en avant trois axes de travail : "une marque à reconstruire, une situation financière à remettre d’aplomb, des talents à fédérer". "Nous allons avancer tout en restructurant en profondeur l’organisation et le modèle de business de l’entreprise, en dépit des mois et années difficiles à venir", a déclaré le nouveau directeur général. Et de mettre en avant la bonne compréhension des enjeux par les équipes : "Le sentiment d’urgence est partagé à tous les niveaux. Nous en avons besoin. La mobilisation de tous est absolument nécessaire en ce moment", a assuré Luca de Meo, que certains présentent comme un patron social capable de fédérer les équipes. Une qualité cruciale pour rebâtir une cohésion dans un groupe secoué par plusieurs mois de crise.
Connu pour avoir relancé la célèbre Fiat 500, ce spécialiste des ventes et du marketing devra notamment travailler sur le plan produit de la marque Renault. Les Espace et Scénic ont subi la concurrence frontale des SUV, et l’offre développée par Renault pour surfer sur cette mode a elle-même rencontré un succès mitigé. Entre 2017 et 2018, les ventes du Kadjar se sont contractées de plus de 13% à 134 000 unités, tandis que celles du Captur ont augmenté de moins de 0,5% à 247 000 ventes. En parallèle, Renault va devoir maintenir sa position de pionnier de l’électrique face à une concurrence accrue. Certains modèles ont déjà été lancés, tels que la Renault Twingo et de la Dacia Spring électriques, ainsi que des versions hybrides des Renault Clio et Captur, en plus de la Zoé.
Luca de Meo s’est également félicité de l’appui de l’Alliance avec Nissan et Mitsubishi, qui a présenté il y a quelques semaines une nouvelle stratégie de "leader-follower" visant à accroître les synergies. Avec Jean-Dominique Senard, le nouveau directeur général devra consolider la nouvelle base entre les trois entreprises. L’arrestation en 2018 de l’ancien dirigeant de l’Alliance, Carlos Ghosn, avait fait éclater au grand jour les dissensions entre les constructeurs français et japonais.
Autant de chantiers qui ne semblent pas inquiéter Luca de Meo. Devant les actionnaires, celui-ci a estimé que "redresser un des plus grands et prestigieux constructeurs automobiles mondiaux [était] peut-être à ce jour un des plus beaux défis qu’[il a] eus". Et de conclure : "J’ai confiance en la capacité du groupe à s’en sortir".
Notre dossier consacré à l'arrivée de Luca de Meo à la direction générale de Renault



