Chez Plastic Omnium, la neutralité carbone commence dans les usines

Plastic Omnium a présenté le 8 décembre un nouveau plan climat. L’équipementier pense atteindre la neutralité carbone en 2025 dans ses usines mais celles-ci ne représentent qu’une toute petite partie des émissions du groupe.

Réservé aux abonnés
Plastic Omnium
Plastic Omnium s'est engagé à atteindre la neutralité carbone en 2050.

Plastic Omnium précise son plan climat. Mercredi 8 décembre, l’équipementier automobile a dévoilé de nouveaux objectifs pour réduire son empreinte carbone. Si le groupe vise la neutralité carbone en 2050, il estime qu’il devrait atteindre cet objectif dès 2025 sur ses scopes 1 et 2. Pour le scope 3, l’entreprise vise une réduction de ses émissions de 30% entre 2019 et 2030. Que pèsent ces différents périmètres ? Explications de texte..

«Le scope 1 concerne les émissions qui viennent directement de nos actifs. C’est le CO2 qui sort de nos usines et des véhicules que nous possédons», résume David Meneses, directeur du développement durable. Le scope 2 concerne quant à lui les émissions liées aux achats d’énergie.

Plastic Omnium s’alimente aujourd’hui à hauteur de 32% en énergies renouvelables. L’équipementier souhaite s’approcher des 100% en 2025. En parallèle, il souhaite aussi diminuer la consommation d’énergie sur ses sites. Mais l’entreprise n’exclut pas d’avoir recours à des programmes de compensation pour remplir ses objectifs.

Quelle est la part du lion dans les émissions ?

Ces efforts restent marginaux dans le plan climat de Plastic Omnium. En 2020, les scopes 1 et 2 ne représentaient que 1% des émissions totales du groupe. «C’est le 1% que nous contrôlons le mieux, c’est pour cela que nous pouvons nous engager rapidement», souligne David Meneses.

Tout le reste vient du scope 3. Un périmètre qui comporte notamment les achats de biens et services (7,5% des émissions) et surtout l’utilisation des produits vendus (88,5%). «Quand nous installons un réservoir dans une voiture, nous récupérons une fraction des émissions de la voiture qui est liée au poids de nos produits et à l’aérodynamisme du véhicule», commente David Meneses.

L’électrification, un levier incontournable

Pour limiter l’impact du scope 3, l’électrification est un levier incontournable. Plastic Omnium se montre offensif dans l’hydrogène avec le démarrage de plusieurs usines de réservoirs ou de piles à combustible. «Le marché de l’hydrogène est en train de passer de l’échelle du laboratoire à la phase d’industrialisation», se réjouit Marc Perraudin, directeur de la division nouvelles énergies de Plastic Omnium.

Au premier semestre 2021, les véhicules 100% électriques (à hydrogène ou à batteries) représentaient 7% des ventes de Plastic Omnium. L’entreprise veut faire grimper cette part à 17% en 2025.

Plastic Omnium mobilise ses fournisseurs

Plastic Omnium compte aussi mobiliser ses quelque 25 000 fournisseurs. «Il faut être capable de répliquer chez l’ensemble de nos fournisseurs ce que nous faisons chez nous. Cela veut dire avoir une production et une extraction de ressources premières qui n’émettent pas de CO2. Cela veut dire aussi recycler beaucoup plus», détaille David Meneses. Plastic Omnium a d’ailleurs annoncé le 8 décembre un partenariat avec son fournisseur TotalEnergies pour développer conjointement de nouveaux polypropylènes (PP) recyclés.

Tout comme le président de Michelin, David Meneses défend un modèle d’approvisionnement «local-to-local», même si des défis demeurent. «Nous sommes rentrés dans un mouvement avec de plus en plus d’options et de technicité dans les véhicules. En termes d’approvisionnement, cela se limite parfois à quelques experts capables de produire la bonne puce ou le bon équipement», conclut le directeur.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.