Deux grands groupes français s'associent pour ne pas louper le train de l'hydrogène, souvent présenté comme l'une des clés de la transition écologique. Alstom et Plastic Omnium ont annoncé, mardi 21 septembre, la signature d'un protocole d'accord pour développer des systèmes de stockage d'hydrogène. Ces derniers auraient pour objectif de se substituer aux motrices diesel des lignes ferroviaires non électrifiées, et pourraient être déployés en France et en Italie dès 2022. Les trains issus du partenariat embarqueront entre 40 et 50 réservoirs d'hydrogène fabriqués en Belgique par Plastic Omnium, offrant une autonomie de 600 kilomètres.
"Le train régional hydrogène permet d'associer le zéro émission et d'éviter des investissements pharaoniques qui pourraient être nécessaires pour électrifier des milliers de kilomètres", a expliqué à Reuters Marc Perraudin, directeur des nouvelles énergies chez Plastic Omnium. De son côté, le directeur commercial d'Alstom Thierry Best a salué dans un communiqué "une étape importante pour créer une chaîne de valeur robuste et innovante dans le ferroviaire hydrogène".
De multiples contrats
Depuis plusieurs années, les deux entreprises ont multiplié les investissements pour tenter de devenir des leaders sur cette source d'énergie. En avril, le géant du ferroviaire a d'ailleurs décroché auprès de SNCF Voyageurs sa première commande française de trains à hydrogène, pour le compte de quatre régions.
Quelques jours plus tôt, le groupe avait racheté à Areva sa filiale Helion Hydrogen Power, une pépite d'innovation. Alstom entend notamment rattraper le retard que la France accuse par rapport à ses voisins dans ce secteur.
Pour l'équipementier Plastic Omnium, l'hydrogène est même devenu une priorité : il prévoit de générer trois milliards d'euros dans cette source d'énergie d'ici à 2030. Afin d'atteindre cet objectif, il a récemment noué un partenariat avec le spécialiste de l'hydrogène McPhy visant à améliorer les performances de ses réservoirs haute pression. Une ambition qui séduit, puisque le jeune constructeur français Hopium, qui veut devenir le leader de la voiture à hydrogène, a choisi le groupe pour développer le système de stockage de sa future berline haut de gamme Machina.
Avec Reuters (Gilles Guillaume, édité par Jean-Stéphane Brosse)


