En 2024, Chanel n’a pas fait figure d’exception dans le luxe, et voit son bénéfice net chuter de 28,2% à 3,4 milliards de dollars, contre 4,5 milliards en 2023. Son chiffre d’affaires a reculé de 4,3% à 18,7 milliards de dollars. «Après une période de croissance exponentielle, nous avons été confrontés à des conditions macroéconomiques plus difficiles en 2024, qui ont eu un impact sur les ventes dans certains marchés», reconnait sa PDG Leena Nair dans un communiqué publié mardi 20 mai.
Cette baisse, plus marquée que celle présentée par LVMH, confirme que la maison française n’a pas été épargnée par le recul des ventes du luxe en Chine. La région Asie-Pacifique est ainsi la plus à la peine, avec un chiffre d’affaires local en baisse de 7,1% sur un an, à 9,2 milliards de dollars.
Attentisme face aux droits de douane américains
Concernant les autres continents, si le chiffre d'affaires de la marque est resté stable en Europe (+0,6%), il a également baissé de 4,2% en Amérique. La maison de luxe, qui a dévoilé ses résultats pour la première fois en 2018, ne prévoit pas pour l’instant d’augmenter ses prix en réaction aux droits de douanes américains, et souhaite attendre la fin des discussions en cours, notamment entre l’administration Trump et l’Union européenne. Certains de ses concurrents, dont Hermès, ont quant à eux déjà tranché pour l’augmentation de leurs prix aux Etats-Unis.
L’équipe dirigeante a souhaité modérer ces résultats. «L'année passée a été une période d'investissement record, au cours de laquelle nous avons priorisé l'acquisition de biens immobiliers, l'élévation de l'expérience client, la préservation des savoir-faire artisanaux, ainsi que la poursuite de nos ambitions en matière de développement durable», a appuyé son directeur financier Philippe Blondiaux, soulignant des investissements en hausse de 40% à près de 1,8 milliard de dollars. «Nous investirons significativement dans notre réseau de distribution mondial en 2025 et au-delà», a-t-il ajouté, mentionnant une expansion sur les marchés indiens et mexicains et l’ouverture de boutiques en Chine, au Japon et au Canada.



