Après plusieurs années de croissance insolente, les bénéfices de LVMH ont chuté de 17% en 2024

Le 28 janvier, Bernard Arnault, PDG de LVMH, a annoncé les résultats 2024 du groupe, nettement en baisse, avec des ventes en décrue de 2% et des bénéfices en chute de 17%. Le géant du luxe a souffert de la situation économique chinoise, comme la majorité du secteur.

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LVMH Louis Vuitton
Pour LVMH, l'année 2024 aura notamment été marquée par le parrainage des Jeux olympiques de Paris.

Un an plus tôt, le géant français du luxe annonçait que 2023 était une “nouvelle année record” en termes de résultats, avec un chiffre d’affaire en croissance de 13% et des bénéfices en hausse de 8%. Pour l'année 2024, le bilan de LVMH est moins reluisant : moins 2% de chiffre d’affaires, à 84,6 milliards d’euros…et une baisse des bénéfices de 17%, à 19,5 milliards d’euros. «L’année 2024 a été marquée par une faiblesse en Asie, le Japon mis à part, pour des raisons monétaires», ouvre Bernard Arnault, PDG de LVMH, entouré de Stéphane Bianchi, directeur général délégué, et Jean-Jacques Guiony, directeur financier, le 28 janvier.

La consommation chinoise pointée du doigt

Il faut dire que cette année a été caractérisée par l’atténuation d’un atout qui était devenu crucial pour le luxe ces dernières années : la consommation chinoise. La diminution de celle-ci a frappé de plein fouet le luxe dans sa quasi-intégralité, avec quelques exceptions comme Hermès. En 2023, l’Asie comptait pour 31% des ventes des 75 maisons de LVMH ; en 2024, ce chiffre descend à 28%. Au niveau européen et étasunien, les ventes restent stables, avec 25% des ventes pour chaque région.

En termes de secteur, seules les divisions parfums et cosmétiques, et la distribution sélective (incarnée notamment par Sephora) se maintiennent à flot, avec 2% de croissance des ventes. La division mode et maroquinerie et la division montres et joaillerie affichent quant à elles des baisses de 3% du chiffre d’affaires. Mais la division qui a le plus souffert, est celle des vins et spiritueux, ayant connu un effondrement de son chiffre d’affaires et de son résultat net, de 11% et 36% respectivement. «Laissons leur deux ans pour remettre la division sur les rails, je suis confiant», déclare Bernard Arnault, au sujet de son fils Alexandre Arnault et Jean-Jacques Guiony, qui ont été nommés respectivement directeur général et directeur général délégué de Moët Hennessy, et donc de la branche vins et spiritueux.

Une crise « conjoncturelle »

Pour Jean-Jacques Guiony, qui annonçait les résultats annuels pour la dernière fois en qualité de directeur financier de LVMH, la crise qui traverse le groupe n’est pas structurelle. «Cette crise est conjoncturelle, et dans une telle crise il faut réagir mais pas trop, car cela peut conduire à abîmer l’image des marques», explique-t-il. Cette année, l’image de Christian Dior, «première maison de couture de France» selon Bernard Arnault, a par ailleurs été entachée cette année, lorsqu’une de ses filiales a été placée sous administration judiciaire pour travail forcé. Cet incident, parmi d’autres, a conduit le groupe à créer une direction industrielle au sein de la maison Dior.

Si d’autres développements industriels n’ont pour l’instant pas été officiellement annoncés, il est fort probable qu’ils voient le jour outre-Atlantique, où la principale maison du groupe, Louis Vuitton, dispose de trois manufactures. «Nous sommes fortement sollicités par les autorités américaines à continuer nos implantations, et c’est quelque chose que l’on regarde sérieusement», indique Bernard Arnault. Interrogé sur sa présence remarquée à l’investiture de Donald Trump, le PDG n’a pas manqué de couvrir de louanges la politique de taxation étasunienne et les subventions que le pays accorde aux ateliers de LVMH, et de critiquer la France et ses impôts, qu’il juge excessifs. «Il faudrait nommer quelqu’un comme aux Etats-Unis pour slasher (réduire drastiquement, ndlr) la bureaucratie», lâche-t-il.

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