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Cette PME du Nord a construit la plus haute construction en impression 3D du monde

Près de Valenciennes, à Bruay-sur-l’Escaut (Nord), l’entreprise Constructions-3D a développé un bras robotique qui permet de réduire les délais de construction grâce à la fabrication additive. La machine vient d'achever la réalisation de la plus haute construction en impression 3D au monde et a été exportée aux Émirats arabes unis.

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Terminée fin 2023, la Tour a été reconnue comme le plus haut bâtiment imprimé en 3D du monde.

«On ne va pas remplacer Bouygues, Vinci ou Eiffage, on va les aider à passer le cap de l’automatisation», assure Antoine Motte, le PDG de Constructions-3D. Spécialiste de l’impression additive dans le bâtiment, l’entreprise a développé un bras cinq axes opérant aussi bien en intérieur – pour construire du préfabriqué –qu’en extérieur– pour bâtir directement sur site. «Nous avons transformé une grue du BTP en machine high-tech, présente Antoine Urquizar, le cofondateur de l’entreprise. Nous avons entièrement revu l’hydraulique et ajouté de nombreux capteurs pour la rendre la plus précise possible». Avec ses airs de méca-scorpion, la machine de la PME contribue déjà à écrire le futur de la construction. À Bruay-sur-l’Escaut (Nord), où l’entreprise possède son atelier, c’est elle qui a imprimé le premier bâtiment en France. Elle aussi qui, fin 2023, a édifié une tour de 14 mètres, faisant de cette dernière, le plus haut bâtiment du monde réalisé par un procédé de construction additive.

Outre sa précision, la machine se déplace en mode tout terrain grâce à ses chenilles. Son déploiement s’effectue en dix minutes dans un cercle de 5 mètres de diamètre. La portée de son bras atteint presque 7 mètres. Facile à transporter, le robot tient dans un conteneur de 20 pieds une fois replié.

Automatisé, compact et mobile

Deux heures suffisent pour le rendre opérationnel, indique Antoine Urquizar faisant référence aux différents éléments à raccorder : silo, système de pompage... La production s’effectue à partir de fichiers DXF et STL via C3D slicer, le logiciel maison. Si l’automatisation est un atout de la machine, la présence de deux pilotes reste nécessaire pour superviser la production. Face à un écran, ces derniers suivent, par exemple, les données de fabrication du mortier ou encore la vitesse de pompage du matériau vers la buse. L’entreprise assure que sa technologie combinée aux matériaux de dernière génération permet de construire des murs sous la pluie et même face au vent.

La solution promet de libérer la créativité, selon Axel Théry, autre associé de Constructions-3D. «Il est possible de créer des arrondis et des aspects de surface.» La fonctionnalisation est un autre argument mis en avant par l’ingénieur. «On intègre, dès le gros œuvre, les châssis, des creux et des vides pour l’isolation, la plomberie, l’électricité.» Une nouvelle approche qui économiserait, si elle se généralisait, bon nombre de déchets ou de surplus matière. Créée en 2017, Constructions-3D compte 25 personnes. Son PDG qui ne souhaite pas communiquer de chiffre d’affaires indique que 11 machines ont été commandées l’an dernier par les Émirats arabes unis.

Caractéristiques

Vitesse de déplacement sur chenille 3 km/h

Pente max sur chenille 15°

Précision absolue de l’impression 1 à 5 cm

Vitesse linéaire max de la buse 200 mm/s

poids 2 700 kg

 

Couv 3721

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3731 - Juin 2024

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