Ces grandes entreprises qui veulent mettre la transition écologique au coeur de la relance économique

Initiée par l'association Entreprises pour l'environnement, une tribune, publiée le 3 mai sur le site du quotidien Le Monde, rassemble plus de 90 grandes entreprises françaises et internationales. Elle espère pousser l'État à investir massivement en faveur de la transition écologique au sortir de la crise du Covid-19. Claire Tutenuit, déléguée général d'Entreprises pour l'Environnement, explique la démarche.

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Selon Entreprises pour l'environnement, la fin de la crise du Covid-19 doit marquer le départ d'investissements massifs en faveur de la transition énergétique.

Dans une tribune publiée le 3 mai sur le site du Monde, plus de 90 dirigeants de groupes et entreprises français et internationaux, dont Airbus, LVMH, BNP Paribas ou encore Air France-KLM, appellent, à "une mobilisation collective pour faire de la relance économique un accélérateur de la transition écologique". L'objectif : orienter toutes les mesures prises à la sortie de la crise du Covid-19 vers plus d'écologie et de justice sociale. Pour y parvenir, ces entreprises appellent l'État à l'aide.

"Il est possible de transformer cette crise en opportunité, pour nous permettre de produire un redémarrage économique et écologique en même temps, explique, contactée par L'Usine Nouvelle, Claire Tutenuit, déléguée générale d'Entreprises pour l'Environnement, l'association à l'origine de la tribune. Dans notre étude ZEN 2050, nous évaluons que l'investissement annuel, public et privé, pour la transition énergétique, actuellement à 30 milliards d'euros, devrait augmenter d'au moins 50 %". Cet argent pourrait servir à la concrétisation de plusieurs propositions.

Trois propositions pour accélérer la transition

Première idée : renforcer le soutien sur le court et le moyen terme "aux secteurs qui permettent de mobiliser des emplois nombreux et contribuent à la préservation de l’environnement". Sont évoqués, dans la tribune, les secteurs de la rénovation énergétique des bâtiments, le développement des "mobilités décarbonées", comme les véhicules électriques, et l'essor de l'utilisation des énergies renouvelables, en les rendant toujours plus attrayantes que leurs équivalentes fossiles. "Après la crise, on peut imaginer que beaucoup de gens voudront changer leurs modes de vie, leur mobilité, par rapport à « l’avant ». Ils doivent pouvoir rénover plus facilement leurs logements, utiliser des énergies plus vertes, manger différemment et des produits plus locaux". À ses yeux, les politiques publiques actuelles ne sont pas suffisantes.

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En second lieu, la tribune propose de "rendre nos outils industriels en Europe plus résilients, [de] les décarboner et [de] réduire notre empreinte carbone, la crise ayant aussi révélé la vulnérabilité des chaînes de valeur mondialisées". Le développement d'une "économie plus circulaire" et d'une "alimentation plus durable et plus locale" sont également évoqués. "Les entreprises ne pourront pas réduire leurs émissions de CO2 toutes seules, tous les acteurs doivent se mettre en mouvement en même temps : le grand public pour changer ses modes de vie et habitudes de consommation, l'État et les collectivités locales pour y inciter et aider les autres acteurs", ajoute Claire Tutenuit.

Enfin, la tribune suggère de "démultiplier les efforts de recherche, d’innovation, de démonstrateurs industriels et d’industrialisation de solutions d’avenir", comme l'hydrogène ou la réutilisation de gaz carbonique. "Au travers du French Business Climate Pledge, 99 entreprises se sont engagées en 2019 à réaliser plus de 72 milliards d'euros d’investissements industriels et de R&D entre 2020 et 2023 dans la transition écologique. Les dirigeants signataires confirment leurs engagements, mais certains auront sans doute besoin d’un accompagnement de l'État, par exemple dans le secteur automobile. Les engagements en faveur de la biodiversité sont aussi maintenus, détaille Claire Tutenuit.

Un large éventail de signataires

En plus d'Airbus, on trouve, parmi les signataires, Air France-KLM et les Aéroports de Paris (ADP) : les représentants français d'un secteur, l'aérien, pointé du doigt dernièrement pour ses importantes émissions de CO2. Difficile de ne pas voir ici un certain paradoxe. "Pour l'instant, les solutions offertes à l'aérien sont limitées. Il peut renouveler sa flotte pour moins polluer, utiliser plus d’agrocarburants, compenser ses émissions, répond Claire Tutenuit. Mais cela restera modeste tant qu'il n'y aura pas de rupture technologique. En attendant, seul le comportement des gens pourrait réduire significativement les émissions. Sont-ils volontaires pour moins prendre l'avion ? La réduction des vols internes pourrait aller en ce sens".

Autre signataire, le Medef a créé la polémique fin avril en demandant le report de l'application des prochaines mesures environnementales du gouvernement, comme la création de nouvelles filières pollueur-payeur, l'interdiction pour les grandes surfaces ou les plateformes en ligne de détruire les invendus non alimentaires en 2022 et la suppression des contenants en plastique dans les fast-food en 2023. "Le Medef ne veut pas bloquer ou retarder les mesures en faveur de la transition écologique, explique Claire Tutenuit. A cause du confinement, les entreprises ont pu être dans l'incapacité physique de participer à certaines consultations pour la préparation des textes". Pas de quoi donc empêcher la signature d'une tribune pour l'accélération de prises de décision en faveur de l'environnement. Entreprises pour l'Environnement rappelle que, pour ce qui veulent rejoindre le mouvement, la liste des entreprises signataires est encore ouverte. 

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