Entretien

«Centrale Méditerranée se positionne comme le laboratoire méridional de l’ingénierie responsable» affirme Carole Deumié

Réélue pour un second mandat de directrice, Carole Deumié dévoile ses ambitions pour l’école d’ingénieurs Centrale Méditerranée. Entre une extension à Nice, l'adaptation des cursus et la montée en puissance de la recherche, elle" trace la feuille de route de l'établissement.

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Carole Deumié - Centrale Méditerranée
Le 11 juillet 2024, Carole Deumié a été réélue pour un mandat de cinq ans en tant que directrice de Centrale Méditerranée.

Le 11 juillet dernier, le conseil d’administration de Centrale Méditerranée a réélu Carole Deumié au poste de directrice, pour un nouveau mandat de 5 ans. Cette diplômée de l’école, agrégée de sciences physiques, avait mené lors de son premier mandat la transformation de Centrale Marseille en Centrale Méditerranée avec l’ouverture d’une antenne de l’école à Nice. À l’occasion de la publication officielle de sa nomination par le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche le 15 novembre, Carole Deumié expose ses ambitions pour l’école d’ingénieurs.

L'Usine Nouvelle : Quelle est la stratégie de l’école pour les cinq prochaines années ?

Carole Deumié : Avec la crise climatique, les métiers vont évoluer dans les entreprises et notre formation d’ingénieurs doit anticiper les futurs besoins. Ainsi, notre ambition, définie par le plan stratégique en 2023, est de former plus d'ingénieurs responsables et de les former en réponse à un monde qui est en pleine transformation. En 2019, nous avions un peu plus de 1000 élèves tous cursus confondus contre 1300 aujourd’hui et nous souhaitons dépasser les 1800. Ils sont formés à prendre en main tous les enjeux d'adaptation et d'atténuation climatique, car je suis convaincue que l'ingénieur sera au cœur des solutions demain. Le mandat passé a permis de poser ce projet, d’ouvrir un nouveau campus à Nice et d’obtenir le soutien de nos tutelles : le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche évidemment, mais également localement par les collectivités locales.

Concrètement, comment former aux métiers de demain ?

L’école se positionne comme le laboratoire méridional de l’ingénierie responsable : nous formons des professionnels capables de s’adapter eux-mêmes, de naviguer dans le brouillard. C’est d’ailleurs la richesse de l’ingénieur centralien. D’abord, il faut les bases scientifiques : la physique, la mécanique, la chimie… mais aussi des connaissances sur l’évolution de notre planète. Ce socle scientifique est indispensable. Ensuite, nous apportons les compétences humaines et de management : l'ingénieur centralien est capable de gérer des projets, des équipes, d'accompagner le changement. En troisième dimension vient évidemment l'ouverture sociale, l'ouverture au monde.

L’un des temps forts de votre premier mandat a été l'extension de l’école à Nice, annoncée en février 2022, comment avance ce projet ?

Le projet Centrale Méditerranée a pour objectif de positionner l'école sur l'ensemble de la région sud, en développant une offre de formation sur toute la filière ingénierie à Nice. Ce campus compte une cinquantaine d’élèves pour l’année 2024-2025 : en bachelor, en master international ou en post-graduate via Centrale DigitalLab, une formation professionnalisante en IA et datascience. En seconde partie d’année, certains de nos élèves ingénieurs y feront un semestre, dans le cadre d’une option sur le numérique.

À terme, nous visons plusieurs centaines d’élèves sur ce campus, mais ce sont des projets qui prennent du temps. Pour l’heure, nous sommes accueillis par la métropole dans l'Écovallée. En parallèle, cette arrivée à Nice a permis de renforcer notre ancrage sur la recherche, avec trois nouveaux laboratoires partenaires, en plus des huit déjà partagés avec le CNRS et Aix-Marseille Université.

En matière de recherche, quels sont précisément les axes développés par Centrale Méditerranée ?

Il y en a trois : la bioingénierie et la santé, l’environnement et l’énergie dans le contexte méditerranéen et la cybersécurité / les sciences du numérique. Nous allons renforcer nos moyens sur ces trois axes en renforçant les partenariats, en engageant des moyens humains et en soutenant nos chercheurs et nos laboratoires. Centrale Méditerranée peut être un catalyseur de programmes de collaborations entre les entreprises et les chercheurs. L’école compte aujourd’hui cinq chaires, et nous nous sommes fixé un objectif de sept d’ici à la fin du mandat. En parallèle, l'école est engagée dans un programme sur le quantique, via le projet France 2030 QuanTEdu-France.

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