Plus qu’une expatriée, une déracinée volontaire. Le parcours de Catherine Cuillerier débute loin de chez elle : à Toulouse où, étudiante à l’Insa, elle s’apprête à devenir ingénieure en biochimie. Mais après deux ans de prépa intégrée, l’originaire de Châteauroux bifurque.
Lors d’une table ronde, elle entend le témoignage d’une femme du génie civil. «Cela a radicalement changé mon choix d’orientation», relate-t-elle. Son nouvel objectif : mener des grands chantiers à l’international. Elle y parvient rapidement. Après un bref passage en Ile-de-France, elle part pour le Turkménistan, enchaîne avec Moscou, puis Londres. Devenue responsable des projets à l’international, toujours pour Bouygues Construction, elle «sillonne le monde entier pour superviser des projets extrêmement différents».
Vient ensuite l’envie «de se poser, de fonder une famille et d’avoir une base de vie unique», raconte la femme de 48 ans. Ce sera à Casablanca. Sept ans à rayonner, depuis le Maroc, vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Puis Cuba, pendant plus de quatre ans. «Là-bas, le Covid a mis à question notre expatriation, raconte Catherine Cuillerier. Les mesures de confinement étaient proches de celles de la Chine, cela nous a fait reconsidérer certaines choses.»
Après dix-sept ans à l’étranger, retour en France. «C’est un vrai défi, beaucoup de choses ont changé, on se sent expatrié dans son propre pays.» L’ingénieure intègre Bouygues Energie et Services deux jours avant le rachat d’Equans à Engie, dont elle devient directrice technique. Du bâtiment à l’énergie. Une nouvelle excursion, en attendant une opportunité. «On est prêts à refaire nos valises, cela reviendra un jour ou l’autre.»
L’œuvre qui la caractérise
La Sagrada Familia, à Barcelone, de l'architecte espagnol Antoni Gaudí
«C’est un monument extrêmement ingénieux, décalé, brillant en termes de construction et encore inachevé.»



