C'est signé : la marine néerlandaise achète quatre sous-marins à Naval Group

Dans la commune de Den Helder aux Pays-Bas, le PDG de Naval Group, Pierre Eric Pommelet a signé le 30 septembre le contrat  de vente de quatre sous-marins de type Barracuda au profit pour la Marine royale néerlandaise.  Les deux premiers navires seront livrés d'ici à 2034. Un rebond majeur après la désillusion liée à la perte du contrat australien.

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 Naval Group signature contrat Pays-Bas
Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group, a signé le contrat final pour l’acquisition de quatre sous-marins de la classe des Barracuda avec le secrétaire d’Etat néerlandais à la Défense Gijs Tuinman, ce 30 septembre.

Une affaire rondement menée. Ce lundi 30 septembre, dans la commune de Den Helder aux Pays-Bas, Pierre Éric Pommellet, PDG de Naval Group a signé avec le secrétaire d’Etat néerlandais à la Défense Gijs Tuinman un contrat pour l’acquisition de quatre sous-marins de la classe des Barracuda. Cette signature scelle le lancement du programme des sous-marins de la classe Orka. Les deux premiers exemplaires doivent être livrés d'ici à 2034, et les deux derniers d'ici 2039, terme du contrat. 

Après la désillusion liée à la perte du contrat avec l'Australie pour l’achat de 12 sous-marins en 2021, Naval Group rebondit de manière spectaculaire. Le montant de l'acquisition est évalué entre 4 et 6 milliards d'euros, selon le journal néerlandais De Telegraaf. Les sous-marins soient assemblés à Cherbourg (Manche).

La compétition était loin d’être gagnée d’avance. Elle avait même été «acharnée», aux dires mêmes de l’industriel tricolore, face à son rival allemand TKMS mais également au chantier naval Damen (associé au Suédois Saab) qui jouait à domicile.

L'enjeu de souveraineté nationale 

«Avec la signature de ce contrat de livraison, nous confirmons officiellement que la route vers de nouveaux sous-marins passe par la France et les Pays-Bas : Naval Group a une grande expérience dans la construction de sous-marins et l'industrie maritime néerlandaise dispose de connaissances uniques et spécialisées», s’est réjoui le membre du gouvernement néerlandais.

Selon la DGA (Direction générale de l’armement) locale, la COMMIT, les sous-marins Orka donneront à la Marine royale une longueur d’avance dans le domaine de la lutte anti-sous-marine. «Un processus d’acquisition approfondi a montré que le sous-marin proposé par Naval Group était la meilleure solution pour remplacer les sous-marins de la classe Walrus», a précisé le commandant du COMMIT, Jan Willem Hartman.

L’industriel français avait été sélectionné en mars dernier pour entrer en négociations exclusives afin de permettre à la Marine royale néerlandaise de remplacer ses sous-marins de classe Walrus par des sous-marins expéditionnaires. Ces discussions devaient permettre d’arrêter le prix final du contrat et de définir le partage des tâches industrielles entre la France et les Pays-Bas. Les marins néerlandais étaient pressés : leur flotte est vieillissante et un exemplaire est déjà sorti du service actif en 2023.

Pour remporter ce contrat, Naval Group a fait valoir que son offre consolidait l’autonomie stratégique du pays en précisant que l’organisation industrielle retenue impliquerait de nombreux fournisseurs néerlandais. «Ce plan impliquera le réseau existant de partenaires néerlandais de Naval Group pour les systèmes et composants clés, en veillant à ce que l'écosystème néerlandais développe et conserve son expertise et son implication tout au long du cycle de vie du sous-marin», s’est engagé Naval Group en mars dernier.

Impliquer les industriels néerlandais

Et l’industriel tricolore tient ses engagements. Naval Group a signé un accord industriel avec un ensemble de partenaires néerlandais, le 10 septembre dernier, à La Hague. Ce contrat stipule notamment que l’industriel français s’engage à travailler sur une période de vingt ans avec des acteurs industriels et académiques néerlandais dans le cadre du contrat du remplacement des sous-marins du pays.

Les marins néerlandais ont été séduits par les performances du sous-marin de conception française. Cette version du Barracuda constitue un bon compromis en matière de taille, avec un tonnage intermédiaire entre la gamme des Walrus (2600 tonnes) et les Barracuda tricolores (4500 tonnes). Il est suffisamment petit et maniable pour opérer dans les eaux peu profondes qui avoisinent le pays. En même temps, il est suffisamment grand pour transporter des équipements stratégiques, notamment des missiles de croisière. «La capacité à lancer des missiles de croisière va considérablement accroitre la force de frappe», s’était félicité le secrétaire d’Etat néerlandais en mars dernier.

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