Exclusif

Bontaz va investir 40 millions d’euros pour se diversifier dans le vélo électrique

Exposé au déclin des voitures thermiques, Bontaz se réinvente. L’équipementier automobile français a présenté en exclusivité à L’Usine Nouvelle un projet d’investissement de 40 millions d’euros dans le vélo électrique.

Réservé aux abonnés
Equipementier automobile Bontaz basé à Marnaz (Haute-Savoie)
Spécialisé dans les fonctions hydrauliques, l’équipementier automobile Bontaz compte 4000 salariés.

De la voiture thermique… à la bicyclette. En plein chantier de diversification, l’équipementier automobile Bontaz va créer une start-up qu'il détiendra en propre et dédiée au vélo électrique. Cette structure sera basée dans la vallée de l’Arve (Haute-Savoie). Dévoilé mardi 2 novembre en exclusivité à L'Usine Nouvelle, ce projet va se traduire par un investissement de 40 millions d’euros.

Le plan d’investissement va être déployé sur cinq ans. À terme, Bontaz souhaite fabriquer des systèmes moteur (moteur, boîte de vitesses et logiciel) et des solutions de freinage pour les vélos à assistance électrique (VAE). L’entreprise a déjà réalisé une étude d’opportunité sur son projet. La prochaine étape est l’ouverture d’un centre de R&D de 50 personnes à l’horizon 2022 probablement en région Auvergne-Rhône-Alpes. L’emplacement exact doit encore être confirmé.

Un savoir-faire appliqué aux vélos

Sur les 40 millions d’euros annoncés, 30 millions seront consacrés à ce nouveau centre de R&D. « Il y aura des bancs de tests et des machines de contrôle. C’est une activité déjà intégrée à Bontaz », détaille Daniel Anghelone, directeur général du groupe. L’entreprise fait aussi valoir son savoir-faire dans l’injection plastique et dans les moteurs sans balais (moteur brushless) qu’on peut retrouver dans les petits véhicules électriques. « Il y aura beaucoup de plastique dans le moteur. Nos experts pourront intervenir auprès des équipes de développement dédiées au vélo », prévoit Daniel Anghelone.

Au-delà de cette expertise interne, Bontaz veut insuffler une culture cycliste à son centre de R&D. L’équipementier va donc principalement recruter à l’extérieur. Les ingénieurs travailleront sur plusieurs sujets d’innovation : mécatronique, logiciel, internet des objets, batteries… Leur mission sera de définir le produit et les procédés de fabrication. L’objectif est d’ouvrir la première ligne de production en 2024.

Un effort de relocalisation

« Nous voulons être dans le top 5 européen, cela veut dire de gros volumes », projette le directeur général de Bontaz. Pour soutenir cette ambition, l’entreprise estime qu’elle devra fabriquer 500 000 à 700 000 moteurs par an à l’horizon 2030. Elle vise notamment les marchés du vélo urbain, du vélo cargo et du vélo tout chemin. 

En plein boum du vélo électrique, Bontaz veut contribuer à la relocalisation de leur fabrication. Même si certaines marques françaises se développent, à l’instar de Moustache Bikes, elles dépendent encore beaucoup de pièces détachées importées d’Asie. Le lieu de la future usine de Bontaz reste à définir. Le fournisseur souhaite équiper les VAE vendus en Europe. Mais tout dépendra de l’endroit de leur assemblage. « A priori, ce sera européen. Si la France prend le leadership dans ce domaine, cela pourrait bien être en France », lance Daniel Anghelone.

« Nous n’allons pas faire des moteurs en France livrés à Taïwan pour des vélos qui reviendront ensuite en Europe, souligne Daniel Anghelone. Nous essayons d’être réalistes. Dans certains domaines, le marché est encore embryonnaire en France. Nous sommes en train de regarder où sont assemblés les vélos sur les marchés que nous visons. C’est là que nous produirons. »

Une diversification nécessaire

Si Bontaz lorgne le marché du vélo électrique, le groupe familial ne souhaite pas devenir un fabricant de deux-roues. « Il y a énormément de concurrence, justifie Daniel Anghelone. Beaucoup moins de monde se positionne sur le système moteur qui nécessite des investissements et du savoir-faire. Nous préférons nous placer en équipementier plutôt qu’en marque de vélo, où nous n’avons pas forcément de valeur ajoutée. »

Comme beaucoup d’équipementiers automobiles, Bontaz doit redessiner son portefeuille d’activités. Fournisseur de rang 1, l’entreprise se spécialise notamment dans les sous-ensembles pour les fonctions hydrauliques : gicleurs de refroidissement de piston, pièces d’injection, clapets… « Nous sommes exposés à hauteur de 70% au moteur thermique », estime Daniel Anghelone. En 2020, Bontaz a présenté un nouveau plan stratégique pour 2030 afin de préparer sa sortie du véhicule thermique.

Abonnés
Le baromètre de l’auto
Suivez l’évolution des marchés automobiles français et européen mois après mois grâce à notre tableau de bord.
Nos infographiesOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.