BioMérieux fête ses 60 ans en lançant un plan d’investissement de 300 millions d’euros sur cinq ans. «Nous augmentons les capacités de tous nos sites français», annonce Alexandre Mérieux, président de cette multinationale de 13 800 personnes et 3,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires. C’est trois fois plus que le précédent plan, dit plan Campus, auquel l’entreprise a consacré 100 millions d’euros entre 2019 et 2022, marqué des agrandissements dans les usines de Combourg (Ille-et-Vilaine) et Craponne (Rhône), ainsi que sur la plateforme logistique de Saint-Vulbas (Ain).
Sur les hauteurs de Lyon, sur le historique de bioMérieux de Marcy-L’Etoile (Rhône), où travaillent 1 600 salariés, le spécialiste mondial du diagnostic va construire un nouveau bâtiment de salles blanches pour plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est le principal projet : il servira à augmenter les volumes des tests de la marque Vidas. «Le dossier n’est pas encore bouclé, les études sont en cours», précise Alain Giovinazzo, directeur industriel des sites européens qui ne peut pas préciser le montant exact. Ce nouveau bâtiment abritera la fabrication d’enzymes, qui servent à révéler les pathologies lors des tests médicaux. «Depuis trois ans et la crise du Covid, qui a montré les limites des chaînes d’approvisionnement mondialisées, bioMérieux est engagé dans une réinternalisation des composants de ses gammes de tests».
Même les cônes, embouts et barrettes en plastique des kits de tests vont être fabriqués en interne dès 2024. En l’occurrence dans l’usine de La Balme (Isère), dans la plaine de l’Ain, qui va accueillir une nouvelle unité d’injection plastique. Une vingtaine de postes est créée. «Les premiers lots de validation sont prévus cet automne, la production commerciale est programmée en début d’année 2024», explique Alain Giovinazzo, qui ajoute que d’autres productions sont à l’étude sur ce site de 480 salariés.
A Grenoble (Isère), le centre de R&D en biologie moléculaire va être agrandi pour accueillir une ligne de production de deux nouvelles gammes de tests. Là encore, bioMérieux reste discret sur le montant précis et évoque «plusieurs dizaines de millions d’euros». Le site emploie 290 salariés.
Par ailleurs, une part importante de l’enveloppe est consacrée à l’installation de panneaux photovoltaïques en ombrières de parking, à des fins d’autoconsommation. «10% de l’enveloppe totale est dédiée à l’accompagnement de la transition environnementale», explique Alexandre Mérieux. Le laboratoire lyonnais s’est donné pour objectif de réduire de 50% ses émissions carbone et de 30% sa consommation d’eau dans ses sept usines européennes.



