Béton bas carbone et camions hybrides, le nouveau mix vert du vendéen Edycem

Le fabricant vendéen de béton Edycem lance une nouvelle gamme estampillée “bas carbone”, fait évoluer sa flotte d’entreprise et renforce la sécurité de ses salariés. D'ici moins de quinze ans, il souhaite réduire son empreinte carbone de 35%.

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Centrale à béton Edycem
Edycem compte 33 sites de fabrication de béton prêt à l'emploi.

Transition verte chez Edycem. La branche béton du groupe Hérige (négoce, production de béton et fabrication de menuiseries dans le grand-ouest) amorce un virage écologique sous l’impulsion de son nouveau directeur général, Olivier Collin. Après vingt-six ans chez LafargeHolcim, il a rejoint en novembre 2020 l’entreprise (300 personnes) de Montaigu (Vendée) après une année 2020 considérée comme “satisfaisante” malgré la crise, à 114,4 millions de chiffre d’affaires. “En 2030, nous souhaitons réduire de 35% notre empreinte carbone, et atteindre la neutralité en 2050”, expose le dirigeant.

Edycem compte une usine de préfabrication légère à Saint-Georges-de-Montaigu (Vendée), ainsi que 33 sites de béton prêt à l’emploi (BPE). “Quand on réalise une formule béton, le ciment c’est 10% du poids, mais 90% de l’empreinte carbone”, rappelle Olivier Collin, dont le premier lancement dans cette voie réside dans Vitaliss, disponible depuis le printemps. Cette gamme de bétons substitue “autant que possible” les granulats naturels soit par des sables concassés, soit issus de la manufacture de carrières, soit par des granulats issus du recyclage de béton.

En fonction des formulations, l’entreprise promet une réduction de l’empreinte carbone de ses bétons de 20% à 50%. Lors de la fabrication de gravillon par des tiers, les fractions inférieures à 4 millimètres peuvent être réutilisées dans le béton prêt à l’emploi et également en blocs préfabriqués. Au-delà de 4 millimètres, les formules sont ajustées. “Ces deux tailles permettent d’obtenir un maximum de compacité dans les bétons, tout en respectant les normes, destinées ultérieurement à se doter d’annexes pour les faire évoluer quant à l’incorporation de matériaux recyclés.”

Edycem acueille actuellement une doctorante réalisant une thèse sur les bétons dits “bas carbone” et collabore aussi avec la start-up Hoffmann Green Cement. 

Une politique RSE renforcée

“Le domaine de la rénovation et des aménagements extérieurs se portent mieux, tandis que la RE2020 va encourager le développement des bétons bas carbone et transformer ces innovations normatives en opportunités”, poursuit Olivier Collin.

Anticipant une éventuelle hausse de la demande, Edycem a souhaité modifier ses outils, en lançant Ecop’sur, un outil breveté inventé par l’un des salariés du groupe. Une tige remplace la pose de l’échelle contre les installations de stockage afin d’effectuer des prélèvements de granulats, en moyenne entre deux et quatre mètres de haut. Une petite pelle effectue les prélèvements de granulats. Effectuée entre quatre et douze fois par mois, cette tâche permet de mesurer l’hygrométrie. Les 33 sites de BPE viennent d’en être équipés.

Autre élément de la nouvelle politique RSE, l’expérimentation, depuis décembre 2020, de nouvelles typologies de véhicules plus respectueux de l’environnement, avec un camion-toupie à moteur électrique (pour l'entraînement de la toupie) et à gaz (propulsion du camion) à Bordeaux (Gironde), ainsi que d’un camion-toupie 100% gaz en Vendée. Des boutons poussoirs ont été disposés sur une trentaine de sites pour le lavage du matériel roulant, afin de limiter la quantité d’eau déversée.

Prochaine étape pour Edycem : la construction d’un nouveau siège, toujours à Montaigu, doté des produits Vitaliss avec notamment le recours à un béton autoplaçant.

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