Trois ans après l’annonce du projet dans le cadre de Choose France, BASF passe à la phase opérationnelle. Le chimiste allemand a indiqué le 12 juin le démarrage de son unité d’hexaméthylène diamine (HMD), un des précurseurs essentiels à la fabrication de nylon. Conformément aux annonces, le projet implanté sur la plateforme de Chalampé, dans le Haut-Rhin, a bien nécessité «300 millions d’euros d’investissement» et mené à la «création de 60 emplois», confirme un porte-parole de la filiale France.
Au total, BASF porte désormais ses capacités mondiales de HMD à 260 000 tonnes par an, toutes basées à Chalampé. En 2022, le groupe décrivait une capacité additionnelle de 170 000 tonnes par an pour sa nouvelle unité.
Ce projet en France est directement connecté à celui mené par BASF outre-Rhin, en l’occurrence sur son site chimique de Freiburg, où le groupe finalise actuellement le renforcement capacitaire de ses productions de nylon (polyamide 6.6), qui seront ainsi alimentées par les productions françaises de HMD. Ramkumar Dhruva, président de la division Monomères de BASF évoque dans un communiqué que ce projet est destiné à faire du groupe «le principal fournisseur de HMD et le meilleur partenaire de polyamide 6.6 en Europe». En aval, ces productions de nylon trouvent leurs principaux débouchés dans les marchés de l’automobile et des fibres de performance.
Une unité 100% BASF au milieu de deux entreprises Butachimie et Alsachimie
Il s’agit d’une troisième implantation directe de BASF sur la plateforme chimique de Chalampé. Le groupe allemand est impliqué sur place dans deux coentreprises. La société Butachimie (400 salariés), en association avec l’américain Invista, est concentrée sur la fabrication de HMD et de son précurseur, l’adiponitrile. L’usine est décrite d’ailleurs comme la plus grande au monde pour cette seconde production. La seconde société, Alsachimie (650 salariés), est partagée avec le groupe Domo Chemicals, même si un projet de reprise de l’intégralité par BASF devrait se conclure cette année. Spécialisée dans la production de sel de nylon et de plusieurs intermédiaires, Alsachimie est en charge de l’exploitation de l’unité de HMD pour le compte de Butachimie.
La nouvelle unité est pour sa part entièrement détenue par BASF, hors de Butachimie et d’Alsachimie. Et le groupe a financé seul ce projet de 300 millions d’euros, sans ses partenaires des deux coentreprises. Toutefois, cette nouvelle unité BASF est exploitée pour son compte par des salariés d’Alsachimie. Lesquels devraient de toute façon entièrement intégrer le groupe allemand dans les prochains mois.



