A peine deux ans après avoir repris l’activité mondiale Polyamides du belge Solvay pour 1,3 milliard d’euros, mettant ainsi la main sur la moitié des actifs du complexe chimique de Chalampé (Haut-Rhin), BASF y annonce un investissement majeur. Dans le cadre de Choose France 2022, le chimiste allemand dévoile ce 16 janvier un engagement de l’ordre de 300 millions d’euros sur le site alsacien pour renforcer l’amont de ses productions de nylon. A l'occasion, Emmanuel Macron, le président de la République, se déplacera à Chalampé. Le projet porte sur la construction, au sein du complexe, d'une unité d’une capacité de 170 000 tonnes par an d’hexaméthylène diamine (HMD), un des précurseurs essentiels du nylon. La mise en service est prévue courant 2023, selon l’Elysée. Environ 60 emplois devraient être créés pour la gestion des opérations.
Butachimie et Alsachimie, spécialistes du nylon 6.6 et des intermédiaires
A Chalampé, BASF est impliqué dans deux coentreprises distinctes. Le géant mondial de la chimie détient 50% de l’entreprise Butachimie, qui avait été fondée en 1974 par Rhône Poulenc et Dupont De Nemours et qui a depuis changé plusieurs fois de propriétaire. Les 50% restant sont aux mains de l’américain Invista, un des leaders mondiaux du nylon. Butachimie, qui recense environ 400 salariés, dispose d’unités d’adiponitrile et de HMD, des intermédiaires du nylon 6.6, une résine utilisée dans les plastiques techniques, les fibres textiles et les fibres industrielles. La seconde entreprise, Alsachimie, qui dénombre environ 630 salariés, est détenue à 51% par BASF et à 49% par un autre chimiste allemand, Domo Chemicals. Elle opère des unités de production de sels de nylon et d’autres intermédiaires pour la fabrication de polyamide 6.6.
65% de la production européenne de HMD en France
La future unité de HMD qui sera construite à Chalampé appartiendra « à 100% à BASF mais sera exploitée par Alsachimie », indique-t-on du côté de l’Elysée. Dans un communiqué, la présidence de la République assure que ce projet placera le site comme « la principale plateforme européenne dédiée au polyamide 6.6 », et qu’il portera les capacités françaises de production de HMD à un total de 350 000 tonnes par an, représentant 65% de la production européenne et 17% de la production mondiale.
3000 salariés et 14 sites de production pour BASF France
L’investissement d’environ 300 millions d’euros sera essentiellement assumé par BASF. Le projet obtiendra seulement « quelques millions d’euros d’aides publiques », selon un conseiller de l’Elysée qui n’a pu préciser davantage, évoquant des contributions émanant de la région Grand Est et du département du Haut-Rhin. En France, BASF est déjà fortement implanté. Le chimiste allemand opère 14 sites de production sur le territoire, en particulier en agrochimie (insecticides, pesticides et herbicides), dans le domaine des cosmétiques et de la détergence avec des sites de fabrication d’ingrédients et de matières premières, ainsi que dans les peintures. Au total, la filiale française emploie 3000 salariés et affiche un chiffre d’affaires d’environ 1,7 milliard d’euros par an.



