L'accord passé en septembre 2017 entre le Belge Solvay et l'Allemand BASF arrive enfin à sa conclusion. BASF a officiellement finalisé son acquisition de la branche Polyamides de Solvay, rachetée pour 1,3 milliard d'euros. Le géant allemand va ainsi mettre la main sur huit sites de production à travers le monde, en Chine, en Inde, en Corée du Sud, au Brésil et au Mexique. De plus, BASF récupère trois centres de recherche et développement en Corée du Sud, en Chine et au Brésil, ainsi que six centres de conseils techniques en Asie et en Amérique du Sud. À cela s'ajoutent des sites de support de vente et de R&D en France et en Allemagne, qui n'ont pas été concernés par les demandes de la Commission européenne. Au total, plus de 700 employés de Solvay rejoignent les rangs de BASF et l'activité sera intégrée dans les divisions Performance Materials et Monomers de BASF.
En complément, la transaction englobe des parts dans deux coentreprises en France. Ainsi, BASF récupère une participation de Solvay à hauteur de 50 % dans la coentreprise Butachimie, constituée avec l'Américain Invista afin de produire de l'adiponitrile (ADN) et de l'hexaméthylènediamine (HMD). L'intégration en amont dans l'ADN est cependant une très bonne nouvelle pour BASF qui sera désormais présent tout au long de la chaîne de valeur du polyamide 6,6 et améliorera la fiabilité de son approvisionnement, alors que Butachimie produit 35 % de l'ADN mondiale. BASF s'empare également d'une participation de 51 % dans la nouvelle coentreprise Alsachimie, constituée avec Domo Chemicals afin de produire de l'acide adipique. La coentreprise Alsachimie emploie environ 650 collaborateurs ; celle baptisée Butachimie en compte, quant à elle, près de 400.
« Avec un portefeuille plus large, une présence régionale plus solide et une fiabilité en termes d'approvisionnement encore plus forte, BASF offrira des avantages significatifs à ses clients », s'est réjoui Wayne T. Smith, l'un des membres du conseil d'administration de BASF. « Cette acquisition témoigne de notre fort engagement dans le secteur des polyamides, et ce à l'échelle mondiale. »
Domo Chemicals grand gagnant en France
Le rachat de la branche polyamides de Solvay a connu plusieurs rebondissements depuis son annonce en septembre 2017. L'ensemble de l'activité Polyamides du groupe belge devait à la base être racheté par BASF, pour la somme de 1,6 Mrd E. En Asie et en Amérique, l'opération n'avait pas fait tiquer les autorités de la concurrence. En revanche, l'Union européenne avait retoqué le projet après l'ouverture d'une enquête approfondie. En cause, la crainte de la diminution du nombre de fournisseurs, une hausse probable des prix et la restriction de l'accès aux concurrents à des matériaux essentiels sur plusieurs marchés liés à l'industrie du nylon au sein de l'Espace économique européen. L'Union européenne a finalement donné son accord en janvier 2019, mais à la condition que la majorité des sites de la branche Européenne des polyamides de Solvay soit cédée à un autre acquéreur, l'allemand Domo Chemicals. Ainsi ce dernier s'est emparé des sites de production de Polyamides de Solvay en France (Belle-Étoile et Valence), en Pologne (Gorzow) et en Espagne (Blanès). Ces unités produisent de l'hexaméthylènediamine, du sel adipate d'hexamé thylènediamine, des polymères nylon 6,6, des plastiques techniques à base de nylon 6,6, et de la poudre de nylon 6 pour impression 3D. Domo Chemicals récupère aussi des activités commerciales en Allemagne et en Italie, et il est devenu le deuxième actionnaire d'Alsachimie.



