Après plusieurs décennies de fermetures de mines partout en Europe, la tendance est en train de s’inverser sur le Vieux Continent. Stéphane Séjourné, commissaire européen chargé de la stratégie industrielle, a affirmé, mardi 14 janvier 2025, avoir reçu pas moins de 170 projets d’exploitation ou de recherches minières sur le Vieux Continent. Et l'ancien ministre des Affaires étrangères ne compte pas s'arrêter là, notamment pour les terres rares.
«On est en train d'étudier, on lancera les premières garanties (financières) pour les boîtes qui veulent explorer», a-t-il assuré. La législation sur les matières premières critiques, entrée en vigueur dans l’Union européenne (UE) en mai 2024, a fixé la barre haute. L’institution veut développer ses capacités d’extraction à 10% de sa consommation annuelle d'ici à 2030, celles de raffinage de 40% et celles de recyclage de 25%. Dernière condition, un unique pays tiers ne pourra pas assurer seul la consommation annuelle de l'Union européenne à plus de 65%.
Une demande de lithium 12 fois plus grande d'ici à 2030
Des objectifs d’autant plus ambitieux que Bruxelles s’attend à une demande six fois plus importante d'ici à 2030 pour les métaux rares, et douze fois plus importante pour le lithium. Les projets concernant l’extraction de ce métal stratégique sont pour le moment sujets à débat. C’est le cas du projet d’Imerys en France, dans l’Allier, ou celui près de deux fois plus grand de Rio Tinto, en Serbie, relancé à l’été 2024 après deux ans au point mort.
Le commissaire européen s'est notamment rendu en Roumanie les 8 et 9 janvier où la question des mines a notamment été abordée.«[Dans le pays], on avait neuf projets, je ne vais pas vous donner de date, mais j'essaie d'accélérer les choses au maximum», a ajouté Stéphane Séjourné.
En avril 2024, la société Verde Magnesium a obtenu le feu vert pour relancer une mine et une fonderie de magnésium métallique en Roumanie. Ce projet à un milliard d’euros un démarrage de la production autour de 2027, et permettrait à l’Europe de reprendre pied sur ce marché critique dominé à plus de 90% par la Chine.



