Engie poursuit son chantier de simplification. Jeudi 15 octobre, l’énergéticien français a dévoilé son intention de vendre Endel, une filiale spécialisée dans la maintenance industrielle. Elle intervient notamment sur les centrales nucléaires du parc français. La décision a été communiquée deux jours plus tôt aux 6 000 salariés de l’entreprise.
Choc de simplification chez Engie
Cette opération s’inscrit dans la nouvelle stratégie d’Engie présentée en juillet. Le groupe industriel a engagé une revue stratégique de ses nombreuses activités de service pour se concentrer sur les infrastructures et les énergies renouvelables.
Endel revendiquait un chiffre d’affaires de 750 millions d’euros en 2016 avec 140 implantations, principalement situées en France. Deux entités sont pour l’instant épargnées par la vente : CNN MCO (60 salariés), un spécialiste du maintien en condition opérationnelle de navires basé à Guipavas (Finistère) ; et Pierre Guérin (400 salariés), une société d’ingénierie installée à Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) et intervenant dans les biotechnologies, la pharmacie et l’agroalimentaire.

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Les syndicats redoutent des suppressions de postes
La filiale d’Engie intervient dans la maintenance industrielle dans plusieurs secteurs : sidérurgie, pétrochimie, agroalimentaire, pharmacie, cosmétique et même défense avec l’entretien d’installations de la Direction générale de l’armement (DGA). Surtout, Endel se spécialise dans la maintenance des centrales nucléaires d’EDF. Ce pôle regroupe 2 200 salariés. La CGT estime qu’il est en bonne santé depuis 2009, à l’inverse du pôle industriel.
Les syndicats redoutent l’effet de la vente sur l’emploi. “Endel devrait rester dans le giron de l’État”, revendique Frédérik Conseil, délégué syndical central de la CGT Endel Engie, contacté par L’Usine Nouvelle. “Les entreprises sous-traitent de plus en plus. On voit déjà des écarts de qualité dans les chantiers lambda. Cela finira pareil dans le nucléaire”, redoute-t-il.
“Les réflexions menées n’induisent pas, en tant que telles, d’impacts en matière d’emplois”, rassure Engie dans une déclaration. Les représentants des salariés rappellent tout de même que des suppressions de postes ont déjà eu lieu de facto. Depuis janvier, la CGT décompte 100 départs naturels non remplacés. Une rupture conventionnelle collective prévoit également la suppression d’environ 320 postes.
Engie se dit “exigeant” sur les projets des acquéreurs
La CGT craint également un “démantèlement d’Endel” avec une vente à la découpe de ses activités. Dans le secteur de l’énergie, la vente devrait être suivie de près. Il se murmure que Framatome (détenu à 75,5 % par EDF) ou Spie (spécialiste français du génie électrique) pourraient être intéressés. Contacté par L’Usine Nouvelle, EDF n’a pas encore souhaité commenter l’annonce d’Engie.
Là aussi, la maison-mère d’Endel se veut rassurante. “Le groupe Engie sera exigeant sur la qualité du projet stratégique et industriel d’éventuels acquéreurs, qui devront démontrer que leur projet est attractif pour les clients, les salariés et les managers de l’entreprise”, assure le groupe. Engie estime que la procédure de vente d’Endel se déroulera sur plusieurs mois.



