C’est un premier (léger) couac dans la trajectoire idyllique des nouvelles molécules contre le diabète et l’obésité. Lilly a pondéré ses prévisions de ventes annuelles, à l’issue des résultats du troisième trimestre. En cause, notamment, les ventes de tirzépatide, la molécule de Lilly commercialisée contre l’obésité, sous le nom de Zepbound, et contre le diabète, sous la marque Mounjaro, dont la progression a ralenti sur le dernier trimestre.
Après avoir bondi de 517 M$ à 1,243 Mrd $ du premier au deuxième trimestre, le Zepbound a rapporté 1,257 Mrd $ au troisième trimestre. Même dynamique pour le Mounjaro, passé de 3,09 Mrds $ à 3,11 Mrds $ sur la période.
Une promotion moins active
Une moindre progression qui n'est pas passée inaperçue aux yeux des analystes. Elle pourrait être due à une dynamique de stocks chez les distributeurs, qui auraient anticipé leurs achats, plus tôt dans l'année. Elle s'explique aussi par la stratégie du laboratoire. Lilly n’a pas poussé outre mesure la promotion de ses produits. « Nous n’avons pas stimulé la demande de la façon dont nous l’avions envisagée », a souligné David Ricks, le p-dg de Lilly au micro de CNBC, évoquant notamment des campagnes de publicité moins importantes que prévu sur la période.
Une mise en pause qui s'explique par « la volonté de ne pas créer de frustration pour le patient », soit de ne pas encourager les prescriptions à un moment où les distributeurs pourraient avoir du mal à répondre à la demande. « Je pense que si nous avions dopé la promotion de Mounjaro et Zepbound sur le trimestre, nous aurions pris le risque de voir le patient se rendre en pharmacie et ne pas avoir son produit », explique le p-dg. Le dirigeant a rappelé les montants investis dans la production, de l’ordre de plusieurs milliards sur différents sites dans le monde, pour soutenir la demande qui pourrait repartir plus franchement à la hausse sur la fin d'année. Le dirigeant vise le cap des 50 % de croissance, sur le deuxième semestre 2024, par rapport à 2023.
Une sanction en Bourse
En attendant la fin d'année, Lilly a modifié la limite haute de ses prévisions, estimées désormais entre 45,4 et 46 milliards de dollars. Il y a quelques mois, Lilly communiquait sur une fourchette comprise entre 45,4 et 46,6 Mrds $. Son bénéfice par action subit une correction plus forte, puisqu’il devrait atteindre 12,05 à 12,55 $, contre une estimation à plus de 15 $ par action, à l’issue du second trimestre.
La révision a provoqué une chute du cours de Bourse de plus de 10 %, avant que l’action ne regagne du terrain dans la journée. Il faut dire que, malgré ce contretemps, les résultats de Lilly peuvent faire des envieux. Le laboratoire maintient une trajectoire de croissance de 20 %, par rapport au même trimestre, en 2023. « Je sais qu’il y a une différence avec ce que Wall Street prévoyait, mais nous restons sur un trimestre très solide et des ventes en progression de 42 % sur un an, peu d’entreprises peuvent afficher une telle croissance », a rappelé Davis Ricks.



