Le laboratoire danois Novo Nordisk pourra-t-il finalement ajouter les sites de Catalent au pied de son sapin de Noël ? En début d’année, Novo Holdings, qui détient Novo Nordisk, avait annoncé le rachat du géant américain de la sous-traitance, Catalent, pour un montant de 16,5 milliards de dollars.
Une opération inhabituelle destinée à renforcer le réseau de production du laboratoire danois, au coude-à-coude avec Lilly, sur le marché des analogues du GLP-1, ces nouveaux traitements révolutionnaires du diabète et de l’obésité. Le rachat vient de franchir une nouvelle étape vers sa concrétisation.
La Commission européenne a donné son accord pour le rachat de Catalent par Novo Holdings, estimant que la transaction « ne soulevait aucune préoccupation en matière de concurrence », sur le sol européen. Dans sa décision, la Commission précise que les laboratoires pharma disposent d’un nombre significatif de CDMO capables de se positionner sur les seringues préremplies (conditionnement des analogues du GLP-1), citant quelques sous-traitants sur ce marché tels que Thermo Fisher, Vetter ou encore Pfizer CentreOne. La Commission estime ainsi que les solutions alternatives à Catalent ne manquent pas. « Avec l’approbation de la Commission européenne, nous faisons un pas de plus pour aboutir aux bénéfices de cette transaction », s’est félicité Jonathan Levy, senior partner de Novo Holdings. Le fonds espère finaliser l’opération avant la fin de l’année. Il faudra, pour cela, effacer un dernier obstacle sur la route.
Des réticences aux États-Unis
L’opération doit encore obtenir la validation de la FTC (Federal Trade Commission), l’agence en charge de la concurrence aux États-Unis. Une réponse est attendue dans les prochaines semaines.
Ces derniers mois, de nombreuses voix se sont fait entendre outre-Atlantique pour appeler l’agence à faire barrage à cette transaction. En octobre dernier, la sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren, s’est prononcée publiquement pour un blocage du rachat, arguant que l’accord « pourrait accentuer la domination de Novo Nordisk sur les analogues du GLP-1, réduire la concurrence et augmenter les prix pour les patients. » Une argumentation reprise par un groupe d’associations, qui a ajouté que l’acquisition risquerait d’affecter la mise sur le marché de nouveaux analogues du GLP-1, développés par des laboratoires concurrents et posait également la question de la production des thérapies géniques, alors que Catalent fabrique, par exemple, le Zolgensma de Novartis.
Une acquisition stratégique pour augmenter la cadence
Annoncée en février dernier, l’acquisition de Catalent par Novo Holdings doit permettre à Novo Nordisk de récupérer trois sites de production du sous-traitant, à Anagni (Italie), Bruxelles (Belgique) et Bloomington (États-Unis).
De quoi augmenter ses capacités de remplissage pour ses seringues de sémaglutide, la molécule phare de Novo Nordisk contre le diabète et l’obésité. Le laboratoire danois et son principal concurrent Lilly (qui produit le tirzépatide) se livrent à une course aux investissements pour augmenter leur production et faire face à une demande croissante dans le monde.
Une compétition dans laquelle la capacité à fournir les patients, en temps et en heure, reste un facteur clé pour gagner, ou conserver, des parts de marché. Les laboratoires ont ainsi déjà annoncé des milliards de dollars d’investissements pour accroître leurs cadences sur les différentes étapes, que ce soit dans la production du principe actif, ou le remplissage des seringues auto-injectables (voir aussi notre carte mondiale des investissements de Novo Nordisk et Lilly). Le laboratoire danois va désormais guetter la décision de la FTC et espérer pouvoir se faire un beau cadeau avant les fêtes.



