Minakem va supprimer 41 postes sur son site de Beuvry-la-Forêt

La filiale du groupe Minafin va supprimer près de la moitié des emplois dédiés à la production. Le groupe avait pourtant investi sur cette usine, et bénéficié du soutien financier de l’État, sans parvenir à surmonter une conjoncture morose.

Réservé aux abonnés
Minakem Beuvry
Le site Minakem de Beuvry-la-Forêt.

Les nuages continuent de s’accumuler au-dessus de la chimie fine en France. Minakem, filiale du groupe belge Minafin, a annoncé un plan de sauvegarde de l'emploi et prévoit 41 licenciements à Beuvry-la-Forêt (Nord). Ce site, qui travaille aussi à la R&D et à l’industrialisation, comprend une partie de production pour des tiers avec des ateliers pour la fabrication d’intermédiaires ou de principes actifs. Seul ce volet de production, qui emploie 90 personnes, est concerné par le plan social.

Contacté par nos soins, Minakem justifie ce plan par « une sous-activité industrielle persistante, dans un contexte de forte pression pesant sur le secteur de la chimie fine en Europe », évoquant par ailleurs « l’intensification de la concurrence internationale exacerbée par la montée en puissance d’acteurs asiatiques ». Un constat partagé par un représentant syndical interrogé qui explique : « On a subi de plein fouet la crise mondiale, on est concurrencé par les pays asiatiques, on voit bien qu’il n’y a plus de commandes ».

L’annonce, faite à la mi-juin, n’a pas vraiment été une surprise. « On a constaté un changement de rythme de travail et du recours au chômage partiel », poursuit le représentant du personnel. Le site a vu ses effectifs réduits au cours des dernières années. En 2022, la partie production du site employait encore plus de 140 personnes.

Minakem s’était pourtant donné les moyens de conquérir de nouveaux marchés pour son activité CDMO. En 2021, l’usine avait bénéficié d’un investissement pour un projet de modernisation appelé Phoenix, qui avait donné un coup de jeune au site du Nord. Il comprenait le réaménagement complet d’un atelier pour la synthèse d’intermédiaires et de principes actifs pharmaceutiques ainsi que la création d’une plateforme « nouvelles technologies » pour développer la chimie en continu.

Un site retenu par le plan de relance

Le projet avait fait l’objet d’un financement du plan de relance, sélectionné dans l’appel à projet « Capacity Building ». Au total, Minakem avait investi 40 M€ pour ce projet, qui devait même aboutir à des créations d’emplois. Au final, il n’aura pas suffi « à compenser la dégradation structurelle du marché et la baisse durable des volumes enregistrée sur le site », nous précise l’entreprise. Dans un communiqué, la CGT constate que « Phoenix reste désespérément vide », le syndicat estime que le projet « ne convainc pas les clients de nous confier leurs produits ».  

Désormais, Minakem souhaite faire évoluer son site, pour permettre un maintien de l’activité de production.  « Cette évolution prévoit notamment un recentrage des activités autour de produits à plus forte ajoutée et la reconfiguration du site est actuellement en cours de discussion avec les représentants du personnel », déclare l’entreprise. Le site a connu des journées de grève, ponctuées par le soutien de Xavier Bertrand, président de la région Hauts-de-France. Après que la CFDT a, dans un premier temps, déploré « un abandon des salariés », une source syndicale estime que le dialogue avec la direction s'est amélioré.

Minakem reste très présent dans le nord de la France où il dispose d’un deuxième site, à Dunkerque. Une usine de production à grande échelle, construite par AstraZeneca en 1994, avant d’être reprise par Minafin, en 2009. Sur ce site, Minakem emploie 240 personnes.

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
28 - 3F CENTRE VAL DE LOIRE
Date de réponse 11/05/2026
Trouvez des produits et des fournisseurs