C'est une première pierre vers la construction d'une filière mégots française. Un nouvel eco-organisme consacré à la gestion des filtres à cigarette a été officiellement approuvé le 10 août par le ministère de la Transition écologique. Alcome sera chargé de la gestion, de la prévention et du nettoyage des plus de 7 milliards de mégots retrouvés sur la voie publique chaque année. Sa mission doit commencer dès 2021, avec pour objectif une réduction de 40% des déchets dans les rues d'ici 2027.
Un fonds de 10 millions d'euros la première année
Institué par la loi anti gaspillage pour une économie circulaire (AGEC), le principe de pollueur-payeur a été étendu aux fabricants de tabac depuis 2020. Ils bénéficient de la possibilité de se réunir au sein d'une filière de responsabilité élargie des producteurs (REP). «Trois des quatre grands producteurs en France ont signé la charte, réagit Jérôme Duffieux, président du nouvel organisme. Nous avons établi un budget autour de 10 millions d'euros la première année par rapport au cahier des charges fixé par le gouvernement». Trois échéances ont été fixées par le ministère : réduction des mégots "abandonnés illégalement" de 20 % en trois ans, de 35 % en cinq ans et de 40 % en six ans. «Mais des travaux doivent encore être menés afin d'affiner notre stratégie, reconnaît Jérôme Duffieux, car les chiffres divergent en fonction des sources. Nous allons mener des études pour harmoniser les données et produire un état des lieux clair des problématiques liées à la pollution des mégots». Car les producteurs devront abonder au fonds en fonction de leur production et du nombre de mégots retrouvés dans la nature.
«Selon les premiers calculs de nos experts, la contribution doit atteindre 25 millions d'euros en 2023, avance le président de l'Alcome, puis environ 80 millions dans quatre ans quand nous aurons atteint notre déploiement maximal». Un montant indicatif car dépendant du nombre de communes et de fabricants qui prendront part au projet. «Cet argent servira également à la mise en place des volets communication et prévention». Sur ces points, l'organisme compte s'appuyer sur le réseau de communes inscrites à l'Alcome, ainsi que sur les buralistes. «La confédération des buralistes fait partie de nos adhérents, nous allons lancer une campagne de sensibilisation avec la mise à disposition de cendriers de rue et la distribution de cendriers de poche».

- 0=
Mars 2026
Polypropylène - 05-1-52 Chutes PP rigides naturelsVariation en €/tonne
- -5+100.0
Mars 2026
Vieux papiers, sortes ordinaires - Moyenne France-Export - 1.05 Ondulés récupérés (ex A5)Variation en €/tonne
- -11+10.0
Mars 2026
Plastiques issus des DEEE - PAMVariation en €/tonne
Des fabricants critiquent la méthode de calcul
Mais les sommes demandées ne sont pas au goût de tous. Republic Technologies, une PME de 400 salariés située à Perpignan, dénonce un barème abusif, "basé uniquement sur le nombre de filtres produits et donc de mégots jetés" sans tenir "compte de la composition et du poids de ces filtres". L'entreprise, qui fabrique des filtres 100% biodégradables sans acétate de cellulose pour la marque OCB, craint que sa contribution (qu'elle estime à 8,5 millions d’euros à taux plein d'ici trois ans) ne mette en péril son activité, dont le chiffre d'affaires pour l'activité filtre s'élève à 5 millions. «Il y a surement encore des petites incohérences, reconnait Jérôme Duffieux. Nous avons mis en place une éco-modulation incluant une baisse de 20% de la contribution en fonction de la dégradabilité des produits. Elle pourrait être plus élevée, nous attendons le résultat des études que nous avons commandées.»



