Le Salon aéronautique de Singapour, le plus grand d'Asie, ouvre ses portes mardi 20 février dans un contexte de forte reprise du trafic aérien que les avionneurs peinent à suivre en raison de problèmes d'approvisionnement. Le rendez-vous bisannuel de l'aviation commerciale et de défense attire cette année plus de 1000 entreprises d'une cinquantaine de pays, dont les mastodontes Airbus, Boeing et Lockheed Martin, ainsi que Comac ou Avic, leurs concurrents chinois.
Regardez l'arrivée au salon du C919 du chinois Comac :
L'entreprise publique chinoise Comac, qui présente pour la première fois hors de Chine son avion de ligne C919, a annoncé la commande de 40 exemplaires de l'appareil monocouloir par la compagnie Tibet Airlines. Avion moyen-courrier devant concurrencer l'A320neo d'Airbus et le 737MAX de Boeing, le C919 a effectué son vol inaugural en mai 2023. L'appareil, qui dispose d'un rayon d'action de plus de 5 500 kilomètres, dépasse les 1000 exemplaires commandés.
La compagnie Royal Brunei Airlines a de son côté acheté quatre Boeing 787-9 Dreamliner. L'avionneur américain a également signé un contrat pour la vente de 45 exemplaires de l'avion à Thai Airways.
Les compagnies gagnent de nouveau de l'argent à l'échelle mondiale
Programmé tôt dans l'année, une fois tous les deux ans, le salon de Singapour est généralement moins riche en annonces que ses homologues de Paris, Farnborough et Dubaï. La forte reprise du trafic aérien, qui a renoué avec ses niveaux d'avant la pandémie de Covid, accroît cependant l'appétit des compagnies aériennes. «Nous voyons 2024 comme un véritable retour à la normale», déclaré Steven Townend, directeur général du loueur d'avions basé à Singapour BOC Aviation. «L'industrie est en croissance, les compagnies gagnent à nouveau de l'argent à l'échelle mondiale.»
Mais les constructeurs aéronautiques ont du mal à suivre la demande après les pertes d'emploi, les problèmes de fret et la crise de recrutement engendrés par la crise du Covid. Boeing est en outre dans le collimateur de l'Autorité fédérale américaine de l'aviation civile (FAA) après un incident début janvier à bord d'un appareil d'Alaska Airlines. La FAA a pris la décision sans précédent de geler le rythme de production du 737 MAX à 38 par mois, interdisant à l'avionneur d'accélérer la cadence.
Airbus vient d'annoncer quant à lui le report du deuxième au troisième trimestre la mise en service de son monocouloir A321XLR. Des fournisseurs interrogés indiquent qu'Airbus fabrique chaque mois environ 50 appareils de la famille A320neo comparé à un objectif de 58 fin 2023. Christian Scherer, directeur général de la division d'aviation commerciale d'Airbus, a déclaré le 20 février qu'il existait de nombreux points de blocage dans la chaîne d'approvisionnement du secteur aéronautique que l'avionneur s'employait à résorber.
Avec Reuters (Jean-Stéphane Brosse, Kate Entringer)



