Ouvert il y plus de 50 ans, le marché d’intérêt national (MIN) de Rungis (Val-de-Marne) au sud de Paris ne sera plus suffisant pour faire face aux défis de l’alimentation des Franciliens au XXIe siècle. C’est le constat de la Semmaris, la société gestionnaire du MIN. Pour remédier au problème, elle veut créer un nouveau marché multi-sites de gros au nord de Paris. Baptisé Agoralim, ce projet pourrait générer jusqu’à 5 000 emplois et représente un investissement de 1,4 milliard d’euros. Il fait l’objet d’un rapport au Premier ministre.
« Les besoins alimentaires croissants des Franciliens, la saturation prévisible du MIN de Rungis, la complexification des flux logistiques soumis aux défis environnementaux sont autant de facteurs qui nécessitent de créer une nouvelle place en Île-de-France de commerce de gros », avance la Semmaris.
Choix du Triangle de Gonesse
Rungis est devenu le plus grand marché de produits frais au monde avec trois millions de tonnes traitées chaque année. Victime de son succès, il est aujourd’hui occupé à plus de 97% et dans l’impossibilité de répondre aux besoins futurs de sécurisation de l’alimentation d’une population francilienne, qui pourrait atteindre 13,5 millions d’habitants en 2035. De quoi générer une demande additionnelle en produits frais de 300 000 tonnes par an.

- 1102.98+6.11
Mars 2026
Huile de palme - Malaisie$ USD/tonne
- 472.5+2.86
Mars 2026
Graines de soja - Etats-Unis$ USD/tonne
- 658.25+5.07
Mars 2026
Phosphate diammonique (DAP)$ USD/tonne
Agoralim sera implanté dans la partie orientale du Val-d’Oise. Complémentaire de Rungis, il porte une ambition bien plus grande. Le projet sera, de fait, structuré autour de trois axes majeurs : la production agricole pour accompagner la transition agricole, des activités de transformation pour valoriser cette production ainsi que des activités de distribution afin d’optimiser la logistique. La Semmaris prévoit d’exploiter les disponibilités du Triangle de Gonesse.
Ce territoire, où devait se construire le méga-complexe de loisirs Europa City, compte 700 hectares dont 280 urbanisables. Dans sa partie sud, la Semmaris veut créer une zone d’une centaine d’hectares pour y développer du maraîchage, de l’horticulture et de l’élevage « selon les principes de l’agro-écologie ». Ce même Triangle pourra accueillir certains outils de transformation (légumerie, cuisine centrale) ainsi que des équipements de formation, d’innovation et de sensibilisation.
Trois sites pressentis
Agoralim comprendra entre 164 000 et 245 000 mètres carrés de surfaces réservées aux activités de distribution. Trois sites, placés dans un rayon de 10 kilomètres autour du Triangle, sont pressentis pour les accueillir : à Goussainville, Roissy-en-France et Bonneuil-en-France.
La Semmaris veut avancer vite. Dès 2022, elle prévoit la création d’une plateforme de commerce en ligne proposant des produits frais cultivés localement, et celle d’une cuisine solidaire permettant la préparation de repas confectionnés à partir d’invendus. Une première phase de construction démarrerait en 2025 et une seconde en 2027. Le programme immobilier serait terminé en 2035. La Semmaris se dit prête à assumer la moitié de l’investissement, mais réclame l’appui de l’Etat et une prolongation de sa mission de service public « afin d’assurer un juste équilibre économique du projet ».



