Au Niger, les activités d’Orano se poursuivent malgré l'instabilité politique

En dépit du coup d'Etat militaire survenu au Niger mercredi 26 juillet, Orano affirme que ses activités dans le pays se poursuivent normalement. Le groupe minier français assure également que la situation ne remet pas en cause son partenariat signé avec l'Etat du Niger en mai 2023 pour la poursuite de l'exploitation de l'uranium.

Réservé aux abonnés
mines d'uranium à ciel ouvert au Niger Orano
Orano a signé en mai 2023 un accord de partenariat avec l'Etat nigérien pour poursuivre l'exploitation de la mine d'uranium de la Somaïr jusqu'en 2040.

Au Niger, «les activités se poursuivent normalement», tient à rassurer une porte-parole d’Orano lundi 31 juillet, alors que des militaires putschistes ont annoncé mercredi 26 juillet avoir renversé le président du pays, Mohamed Bazoum. Seul changement pour les quelque 900 collaborateurs de l’industriel français qui exploite de l’uranium dans le pays : l’instauration du télétravail pour les salariés du siège social situé à Niamey, la capitale. Face à l’instabilité politique, un couvre-feu y a été décrété.

Si, selon Orano, la situation est plus calme à Arlit, ville du nord du Niger près de laquelle l’entreprise exploite la mine de la Somaïr et où il exploitait la mine d’Akouta jusqu’en 2021, Orano affirme avoir mis en place une «vigilance particulière» sans avoir pour autant augmenté ses effectifs pour assurer la sécurité de ses sites. Une cellule de crise lui permet de suivre «au jour le jour» la situation «en lien avec les directions locales et les collaborateurs sur place».

Un accord de partenariat toujours en vigueur

Mais quid de l’accord de partenariat qu’Orano a signé avec l’Etat du Niger pour poursuivre l’exploitation de l’uranium dans le pays le 4 mai dernier ? «Le partenariat est toujours en cours, il n’a pas été remis en cause», assure la porte-parole à L’Usine Nouvelle, pour qui la priorité reste «le maintien de la sécurité de nos collaborateurs» et la gestion de la situation. Ce partenariat prévoit la prolongation de l’exploitation de la mine d’uranium de la Somaïr jusqu’à son épuisement, en 2040.

Il repousse également le début de l’exploitation de l’un des plus importants gisements d’uranium au monde, Imouraren, dont les réserves sont estimées à environ 200 000 tonnes. Dans l’optique d’augmenter la rentabilité de ce dernier projet et de diminuer son impact environnemental, l’accord consacre 85 millions d’euros pour la création de deux pilotes d’extraction d’uranium par pompage sur le gisement, une méthode jugée plus écologique et moins énergivore que les mines à ciel ouvert traditionnelles. La décision concernant l’exploitation ou non du site doit être prise d’ici 2028.

Jusqu'à 2 000 tonnes d'uranium chaque année

Pour l’heure, il n’est donc pas question pour Orano de remettre en question son implantation et ses investissements futurs au Niger. La multinationale tricolore, qui extrait également de l’uranium au Canada et au Kazakhstan, est présente dans le pays depuis plus de 50 ans et y produit 1 800 à 2 000 tonnes d’uranium chaque année. Habitué à l’instabilité de la région, le groupe a dû faire face en 2010 à l'enlèvement de sept de ses salariés revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique. Si la sécurité a été renforcée depuis, le 12 mai 2023, peu de temps après l'annonce de la signature de l'accord de partenariat avec l'Etat nigérien, Orano avait dû évacuer 18 employés expatriés à Arlit vers Niamey en raison d'une «menace d'ordre sécuritaire».

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.