Fermés depuis plus de cinq ans, les anciens ateliers Jaurès du lycée Léon Blum au Creusot (Saône-et-Loire) se transforment peu à peu pour accueillir la future école de production et le pôle de formation de l’UIMM 71 à la rentrée de septembre 2024. Un financement total de 11 millions d’euros servira pour 6,5 millions d’euros à rénover les lieux, tandis que l’enveloppe restante portera sur l’acquisition de moyens pédagogiques.
«Ce projet est né en 2019, avant la dynamique nucléaire, de la volonté d’ouvrir un centre de formation au Creusot pour répondre aux besoins des industriels locaux», détaille Sébastien Ferrau, directeur général du pôle formation UIMM 21-71.
Le futur pôle de formation se destinera notamment aux demandeurs d’emploi du territoire, une centaine d’ici 2027, sur les métiers en tension que sont le soudage, la chaudronnerie, l’usinage ou encore la maintenance. «Cela répond notamment à une problématique de mobilité puisque, pour l’instant, demandeurs d’emploi et salariés des industries du Creusot doivent aller au centre de Chalon-sur-Saône», complète le responsable.
Problème : ce centre arrive à saturation. «Au Creusot, les salariés de Safran, Framatome, Alstom ou encore Industeel et Matière doivent se déplacer. Nous leur apportons donc une solution de proximité», explique Sébastien Ferrau. Le futur pôle formation assurera ainsi une montée en compétences des salariés, tant sur de l’usinage, du soudage, de la chaudronnerie que de la robotique, de la fabrication additive, des métiers de la conception, de la qualité ou la sécurité.
Une école soutenue par les industriels
Ces industriels s’impliquent, par ailleurs, dans la future école de production du Creusot qui profite notamment du soutien d’EDF. «Nous avons réalisé une étude de faisabilité auprès des acteurs du territoire pour évaluer la pertinence de faire une école», explique Sébastien Ferrau. En complémentarité avec les écoles de Dijon (Côte-d'Or) et Chalon-sur-Saône, tournées sur l’usinage, celle du Creusot mettra l’accent sur le soudage et la chaudronnerie, en lien avec les ambitions nucléaires du sud Saône-et-Loire. Jusqu’à 12 jeunes inadaptés à un système scolaire classique y seront formés au CAP chaudronnerie et pourront poursuivre, sous couvert de l’accord du rectorat, avec une année complémentaire en soudage.
«Notre plan d’investissement prévoit 1,25 million d’euros pour acquérir le matériel nécessaire» précise Sarah Cherabieh-Bouttier, directrice de l’école de production de Chalon-sur-Saône et future responsable de celle du Creusot. Une presse-plieuse, une cisaille, une scie à ruban, une machine de découpe laser, deux cabines de soudage, une perceuse à colonne et une scie fraise constitueront les équipements ainsi qu’une rouleuse, cédée par Jean Perrot, concepteur et fabricant d'équipements pour le travail des métaux en feuille. L’entreprise fait partie des membres de la gouvernance de la future école au même titre que Framatome, Saint-Gobain, Buracco ou encore Massilly.



