C'est une collaboration unique en son genre dans l'Hexagone. Dans la manufacture de Ruitz (Pas-de-Calais), Renault (via son entité Ampere) et l'équipementier chinois Minth fabriquent depuis le début de l'année des carters de batteries pour véhicules électriques. L'usine, née en 1971 et baptisée STA (Société des transmissions automatiques), fabrique des engrenages de précision pour des boîtes de vitesses. Mais le site de 350 salariés cherche «à s'inscrire dans la chaîne de valeur électrique», contextualise Guillaume Helas, son directeur. D'où la création d'une coentreprise détenue à 70% par Minth, à l'international depuis 2007 et dont c'est la première opération en France.
Annoncé en juin 2022, le projet s'est très rapidement concrétisé avec deux lignes de production hautement automatisées. Les partenaires partagent dépenses d'investissement et frais fixes, tout en valorisant du foncier disponible pour rapatrier une production auparavant réalisée en Serbie. Stratégiquement, Renault gagne un accès à une technologie de pointe, quand son partenaire s'ouvre à de nouveaux marchés. Un projet «gagnant-gagnant», dont une extension est déjà envisagée.
Barrière de la langue
Come Sittler Au démarrage, il a toutefois fallu faire preuve de patience pour que la machine ne grippe pas. Cent vingt personnes travaillent pour la coentreprise, dont une vingtaine de salariés chinois de Minth en soutien technique. «Cette coentreprise a bousculé notre façon de travailler», affirme Guillaume Helas en déambulant dans l'atelier, accompagné de son homologue chinois Weizhi Ge. Les défis ont d'abord été sécuritaires : «Il a fallu former le personnel au respect des normes, plus strictes qu'en Chine, relate Weizhi Ge, qui cite le port des équipements de protection individuelle. Il n'est pas facile de changer les habitudes d'ouvriers qui ont travaillé d'une certaine manière pendant vingt ans.»
Autre difficulté : la barrière de la langue. À l'image de ce tableau annoté en mandarin, certains équipements et pièces comportent des mentions en chinois. Cela a pu compliquer la tâche des salariés, raconte celui qui a adopté le surnom Jones par facilité pour ses collègues français.

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Montée en cadence d'ici à 2026
Quelques mois après le début de production, la montée en cadence se poursuit. Objectif : fabriquer 300000 carters en 2025, avec 280 salariés. Destinés aux Renault R5 et Scenic (viendra bientôt la 4L), ces objets lourds en aluminium extrudé voient le jour à l'issue d'un processus de fabrication de plus de deux heures, marqué par de délicates étapes de soudure, d'abord à l'arc sous protection gazeuse puis par friction.
Lors de cette dernière phase, le cadre du carter est joint à une plaque de refroidissement. L'opération se déroule sans étincelles. Elle n'en est pas moins impressionnante, les deux pièces s'unissant sous l'effet de la chaleur créée par la très haute vitesse d'un bouchon rotatif. Résultat : un carter parfaitement étanche qui, loin de se résumer à accueillir des accumulateurs, «remplit aussi des fonctions de refroidissement, de géométrie, de sécurité», détaille Guillaume Helas. À l'ère de l'électromobilité, il devient une pièce maîtresse du véhicule made in France.



